« Le prédateur » de C. J. Box - Seuil Policiers. 310 p. - 21 €
Au troisième chasseur abattu et dépecé comme un animal sauvage, le Gouverneur
du Wyoming appelle à l’aide Joe Pickett, un garde-chasse
solitaire et hiérarchiquement ingérable. Le tueur poursuivant son incroyable croisade oblige Pickett à faire sortir de prison son vieux pote Nate qui connaît la région comme personne…
Au fil des romans, on suit avec intérêt l’évolution du personnage de Joe Pickett, de plus en plus indépendant, père et mari attentif, et surtout amoureux inconditionnel de cette belle nature sauvage et parfois hostile, devenue l’enjeu d’une véritable lutte entre les écologistes activistes et les habitants historiques de ce territoire presque dépeuplé.
« Rhapsodie en noir » de Craig McDonald - Belfond Noir. 450 p. - 20.50 €
Key West, Floride, 1935. Tandis que la petite ville est secouée par un ouragan, des femmes sont éventrées selon un rite inspiré par des tableaux surréalistes. Ami intime d’Ernest Hemingway qui habite sur l‘île, le romancier Lassiter ne se remettra jamais vraiment de la mort violente de sa jeune amie Rachel. Deux ans plus tard, en Espagne, où les deux hommes couvrent la guerre civile aux côtés des Républicains, le mystère rebondit d’étrange manière.
Traversée de personnages hauts en couleurs ayant réellement existés, cette sombre intrigue criminelle nous entraîne dans les milieux artistiques, littéraires et cinématographiques américains.
« Nager sans se mouiller » de Carlos Salem - Actes Noirs - Ed. Actes Sud. 300 p. - 21.80 €
Tueur à gages très performant, Juanito se voit imposer des vacances avec ses deux enfant
s dans un camp de nudistes pour surveiller discrètement un
inconnu. Sur place il retrouve son ex-femme et son amant (un célèbre juge anti-crime), ainsi qu’un vieux copain d’enfance et sa
nouvelle compagne, un flic très spécial et surtout un autre tueur de l‘organisation. Rapidement, Juanito se demande s’il ne serait pas le jouet d’une machination destinée à le perdre.
L’argentin Carlos Salem a imaginé un excellent roman noir décalé et truffé d‘improbables rebondissements, à la fois sombre et amusant, délicat et trivial, sensible et réservé. Bref, un ovni littéraire.
« En ce sanctuaire » de Ken Bruen - Série Noire. Éditions Gallimard. 200 p. - 14.50 €
Ancien policier viré pour alcoolisme et reconverti en détective privé, Jack Taylor traîne son ennui et ses tourments dans sa ville natale de Galway, sur la côte ouest de l’Irlande. Il est défié par un dingue lui annonçant par courrier qu’il va tuer 5 personnes. L’hécatombe de cadavres oblige Jack à réagir avec le soutien de Ridge, une policière récemment opérée d’un cancer et qui va très mal. Le temps presse mais Jack, torturé par ses vieux démons, sombre dans l’alcool.
Difficile d’imaginer tomber plus bas que cet ex-junkie infirme, violent et totalement misanthrope, et pourtant Ken Bruen pousse la noirceur et le désespoir plus loin à chaque roman.
« Lazy Bird » d’Andrée A. Michaud - Roman noir Seuil. 370 p. - 19.80 €
Fuyant un passé familial étouffant, Bob Richard, 40 ans, est engagé comme
animateur d’une émission jazz dans une petite radio d’un coin
perdu du Vermont (USA). Il est rapidement harcelé par une énigmatique auditrice qui, comme dans le film de Clint Eastwood (Un frisson dans la nuit) exige un morceau de musique. Tout
doucement, cette inquiétante admiratrice sème le trouble et la violence dans l’entourage de Bob… Bercée par le jazz, omniprésent, l’enquête criminelle s’articule autour de personnages très
colorés et d’un héros psychologiquement bien campé, posant sur la vie un regard triste et désabusé. Une vraie réussite !
« Blanc comme la nuit » de Ann Cleeves - Belfond Noir. 352 p. 20 €
Petit hameau niché dans un îlot de l’archipel écossais des Shetland, Biddista n’est guère touristique. A l’hiver noir et rigoureux succède un été au climat très capricieux et presque sans nuit qui ne perturbe pas les rudes autochtones habitués aux caprices du temps. L’assassinat déguisé en suicide d’un touriste ne trouble guère que Jimmy Perez, le dévoué policier local qui mène une enquête discrète mais minutieuse. Une deuxième victime, de la région cette fois, fait resurgir du passé de sinistres histoires.
Ce deuxième volet du quartet des Shetlands permet de retrouver Jimmy Perez, plus délicat et sentimental que jamais. Savoureux !
« Seul à savoir » de Patrick Bauwen - Albin Michel - 410 p. - 19.90 €
Assistante d’une journaliste de France Télévisions, Marion est contactée
par un inconnu via Facebook qui lui envoie une photo
récente d’Adrian Fog, un homme dont elle a été follement amoureuse et qui l’a brutalement quittée quinze ans plus tôt. Chirurgien très renommé aux Etats-Unis, Fog a été kidnappé et appelle son
ancienne amie au secours. A Los Angeles, la petite française fait la connaissance de la famille Fog et est immédiatement entraînée dans un tourbillon de violence et d’action, mêlant la pègre
locale, le FBI et le mystérieux inconnu qui dans l’ombre tire les ficelles.
Écrit par un français, un thriller à l’américaine avec un suspense calibré au millimètre. Très efficace !
« La corde d’argent » de Paul Halter - Le Masque N°2531
A Ravenstone, un petit village près de Winchester (Angleterre), un jeune homme perturbé par des cauchemars dans lesquels il se dédouble, rêve qu’il étrangle son oncle qui réside
en Normandie et décrit à sa sœur la scène avec une morbide précision. Au même moment, l’oncle est assassiné dans son cottage normand. Et un témoin confirme la présence du jeune homme sur les
lieux.
Ambiance très british, décors raffinés, dialogues distingués, personnages honorables, situations incroyables, fausses pistes, rebondissements et magistrale explication finale : Paul Halter enchante une nouvelle fois l’amateur de crimes impossibles !
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publication d’intrigues criminelles historiques et la rigueur du choix
éditorial l’a immédiatement imposée comme la référence du genre. Parmi les nouveautés les passionnés de la fin du 19° siècle apprécieront les enquêtes de deux libraires détectives que Claude
Izner (en fait le pseudo de deux sœurs venus à la littérature sur le tard) confrontent à de solides histoires policières classiques. Le dernier épisode les emmène sur les traces d’un nain qui
hante les coulisses du Palais Garnier en 1897 tandis que les cadavres s’accumulent dans son entourage.
« Venin »
petite ville de Pennsylvanie qui meurt à petit feu depuis la fermeture
de la dernière aciérie. Issus de familles pauvres et décomposées, sans avenir professionnel, ils traînent leur ennui dans cette ville-mouroir peuplée de chômeurs et de miséreux. Le jour où Isaac
décide enfin de quitter cet enfer, il est mêlé à une rixe mortelle avec des clochards. Le destin des deux amis est scellé dans ce drame.
« Ça aurait pu être le paradis »
La collection Terres d’Amérique des Éditions Albin Michel nous réserve régulièrement de brillantes pépites littéraires d’écrivains du nouveau monde,
imprégnées de ce puissant mélange d’ode à la nature sauvage, de rêves brisés, de déchéances consommées, de repli sur soi-même, de peurs ancestrales et de violence pas toujours contenue.
Premier ouvrage de l’américain Wells Tower, révélation littéraire de l’année 2009 aux Etats-Unis, ce recueil de neuf nouvelles émouvantes et dramatiques est un admirable condensé de cette
Amérique qui a oublié la fraternité et laisse sur le bord de la route de pauvres antihéros confrontés à l’alcool, la maladie, la solitude et le mensonge. Décapant comme un whisky de contrebande
!
p. 18 €.
petite passagère de onze ans. La gamine ne réapparaîtra pas,
victime du ravisseur d’enfants qui sème la terreur dans ce coin du Somerset. Pour le commissaire Jack Caffery et le sergent Flea Marley de la brigade subaquatique de Bristol, commence la plus
éprouvante et la plus abominable enquête de leur carrière. Confronté à cet effroyable monstre, ces deux écorchés vifs qui traînent leur passé comme un boulet vont être tourmentés au delà du
possible. Mo Hayder a franchit un palier supplémentaire sur l’échelle de l’indicible horreur. Impressionnant !
« Babylone Vegas » de José Luis Munoz. Collection Actes Noirs, éditions Actes Sud. 280 p. - 19 €.
u privé Matt Scudder (un ancien flic avec un énorme problème
d’alcool) et du libraire-cambrioleur Rhodenbarr. Moins connus, les quatre romans mettant en scène le tueur à gages philatéliste John Keller méritent toutefois l’attention de l’amateur qui
appréciera le talent développé par l’auteur pour nous faire aimer un personnage à priori antipathique. Alors qu’il se prépare à exécuter son dernier contrat avant retraite, Keller est victime
d’une terrible machination qui le transforme en assassin de sénateur traqué par tous les policiers.Efficace !
Après avoir purgé sa peine de 2 ans de prison pour trafic de drogues, Dan revient dans la maison familiale de la petite ville norvégienne de Skogli et
arrive juste à temps pour enterrer son jeune frère qui vient de se suicider. Isolé, mis au ban de la petite communauté qui le considère comme un paria, Dan envisage de repartir quand il est
accusé d’agression sur le grand père de son ancien complice qui l’avait livré aux flics. Il s’installe finalement chez lui et affronte crânement l’hostilité générale soutenu par une jeune mère
célibataire. Un formidable premier roman à l’atmosphère pour le moins étouffante.
Éditions Robert Laffont. 290 p.
« Les yeux des morts » d’Elsa Marpeau. Série Noire - Editions Gallimard. 260 p. 15.90 €.
L’épouvantail
Ça aurait pu être le paradis 
François-Claudius Simon, un orphelin rescapé de l’enfer des tranchées de la première guerre mondiale
intègre la police judiciaire au 36, quai des Orfèvres. Sa première enquête le plonge au cœur d’une série de crimes dont les victimes sont défigurées à l‘image des « gueules cassées ». Professeur
d'histoire en lycée, l'auteur nous immerge dans l'atmosphère oppressante de la capitale encore traumatisée par la guerre et au fil de l'enquête, il s’intéresse à l'émergence des idées
socialistes, la naissance de la police scientifique et la vie quotidienne des français confrontés au chômage et aux restrictions. Une belle réussite !
viennent narguer les habitants
d’un quartier noir de Washington. Dans la bagarre qui s’ensuit un des jeunes provocateurs est tué et un autre grièvement blessé. Trente cinq ans plus tard, le temps a fait son office et chacun
essaie d’oublier cette triste soirée, sauf Baker qui a passé plus de vingt en prison et ne rêve que de vengeance. De l’Amérique des années soixante dix (remarquablement décrites) à celle de la
guerre d’Afghanistan, Georges Pelecanos nous offre une belle et sombre histoire d’hommes à jamais marqués par leur passé et explore avec talent le thème du rachat. (Réédition) Ouvrage sélectionné
pour le Prix du meilleur Polar Points
A la douleur insoutenable de perdre son mari dans un accident de la route, Ellie doit en plus supporter l’idée que la mystérieuse passagère décédée à ses
côtés était sa maîtresse. Envers et contre tous, Ellie refuse l’évidence et, convaincue de la fidélité de l’homme qu’elle aimait plus que tout, commence une enquête digne d’un détective privé.
Encouragée par ses premières déductions, elle s’intéresse à la jeune femme et parvient même à devenir intime avec ses proches, découvrant un personnage pour le moins complexe.
(1933-2008) a écrit plus de cent romans sous divers pseudonymes et
dans des genres aussi différents que le policier, le fantastique ou la SF. Mais c’est au polar humoristique qu’il a donné ses plus belles lettres avec les aventures de John Dortmunder, un
cambrioleur poursuivi par la poisse. On le retrouve dans cet ouvrage posthume en pleine préparation du casse d’un duplex New-Yorkais bourré d’œuvres d’art. Mais John et sa bande d’amis sont très
inquiets de voir leur bar préféré tomber aux mains de la mafia et préparent la riposte.
13 heures
illico une milice privée et organise des
patrouilles de nuit pour préserver leur sécurité. Dommage que tous les bénévoles ne soient pas animés du même esprit de quiétude car les intérêts particuliers ne vont pas tarder à détériorer le
système mis en œuvre. Complice malgré lui de dissimulation de cadavre, le pauvre Henri, déjà anéanti par la trahison de son épouse, découvre petit à petit que son quartier si tranquille est miné
par de sordides affaires aux liaisons multiples.
son amant, Naomi porte plainte contre lui pour viol
en réunion, fournissant un témoignage très troublant qui intrigue Charlie Zailer et Simon Waterhouse, les policiers chargés de l’enquête. Ils comprennent rapidement que Naomi n’a pas inventé ce
drame mais qu’il s’inscrit dans une série de viols commis selon le même modus operandi. Tandis que l’étau se resserre autour du coupable, le lien avec Robert se fait toujours plus vif, plongeant
Naomi dans un océan de doutes.
Pas de berceuse pour Fanny
Le numéro 111 de la revue 813, l'Association des Amis des Littératures Policières vient de paraître. Voir l'excellente chronique de Yan sur son blog :
Le numéro double 55/56 de la revue Le Rocambole est consacré à l'oeuvre de Delly. Pour en savoir plus visiter ma chronique
La revue L'Indic N° 10 vient de paraître. Pour en connaitre le contenu
Le 
