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  Mystère Jazz

Grant ALLEN : Les exploits du Colonel Clay. Editions Rivière Blanche, collection Baskerville n°2.

23 Juin 2011 , Rédigé par Oncle Paul Publié dans #Romans

Traduction et introduction de Jean-Daniel Brèque.

Le Colonel Clay ! Voila un client sérieux ! Toutes les polices d’Europe sont clay02.jpgà la recherche du Colonel Clay. Il est recherché à Londres, Paris, Berlin. Ainsi s’exclame le détective Marvillier auquel Sir Charles Vandrift a eu recours. Le Clay mobile comme auraient pu le surnommer ses victimes, possède la faculté d’emprunter des identités différentes et de changer d’apparence comme de costumes. Ce voleur patenté, souvent accompagné d’une jeune femme ravissante, a élu comme victime favorite Sir Charles Vandrift, riche homme d’affaires sud-africain, qui possède des mines de diamants, des immeubles et dont les ressources financières sont immenses. Seymour Wentworth est le beau-frère de Sir Charles et lui sert de secrétaire ainsi que de confident. Et souvent les deux hommes sont la proie de cet insaisissable arnaqueur alors même qu’ils sont prévenus, expérience obligeant, et qu’ils vont être roulés dans la farine. Tout commence sur la Riviera française, alors qu’ils sont abordés par un individu qui démontre ses talents comme voyant mexicain extralucide. Sir Charles et Seymour s’apercevront un peu tard qu’ils sont les victimes d’une supercherie qui se solde par quelques milliers de livres empochés par l’escroc. Pour le commissaire qui reçoit la plainte, il ne peut s’agir que du Colonel Clay, bien connu des services de police comme on dit, mais qui perpètre ses forfaits sans être inquiété. Décidés à partir en villégiature en Suisse Sir Charles et sa femme Amelia, Seymour et la sienne s’installent dans un hôtel luxueux de Lucerne. Ils remarquent un individu aux gros sourcils qui se prétend le représentant exclusif du gouvernement brésilien pour la vente de concessions en Haute-Amazonie. Echaudés par l’affaire précédente, les deux victimes potentielles se méfient, se demandant s’il ne s’agirait pas du Colonel Clay sous un nouveau déguisement. D’ailleurs un affable clergyman, accompagné de sa charmante épouse, leur souffle que les sourcils de l’homme pourraient bien être faux. Il n’en faut pas plus pour attiser leurs soupçons. Le clergyman, qui dîne en leur compagnie, arbore des boutons de manchettes ornés de diamants. Sir Charles tente de lui faire croire qu’il s’agit de strass, mais le clergyman affirme que ceux-ci sont dans la famille depuis longtemps. Enfin il cède aux exigences de Sir Charles et les lui vend une coquette somme. Sir Charles pensait faire une bonne affaire mais c’est lui qui sera berné. N’en ayant jamais assez, Sir Charles décide d’acheter un château au Tyrol, et sur les indications de la camériste de sa femme, Césarine, il s’entiche d’une demeure et… bien évidemment le Colonel Clay n’est pas loin et Sir Charles se fera berner une fois de plus. Sir clay02Charles devient de plus en plus méfiant : « Soupçonner tout le monde ne suffit pas ; on doit aussi renoncer à ses préjugés. Si l’on veut affronter une canaille de ce calibre, on doit se défaire des idées toutes faites. Jamais de conclusions hâtives, jamais ! Nous devons nous méfier de tous et ne plus croire en rien. Telle est la voie de la réussite ; et c’est celle que je compte suivre désormais ». Malgré ces bonnes résolutions, les déboires de Sir Charles et de Seymour, qui a une petite malversation à se reprocher, ne s’arrêtent pas là jusqu’au jour où la morale est sauve. Mais il ne faut pas croire que tout est blanc d’un côté et noir de l’autre, car Sir Charles se révèle un financier retors, et ce qu’il reproche au Colonel Clay pourrait très bien lui être reproché à lui-même. « Une canaille ordinaire est parfois préférable aux plus rapaces des boursicoteurs ». Et l’épilogue est assez réjouissant, et gentiment amoral.

Je sais je suis contradictoire dans mon analyse en affirmant que la morale est sauve puis que l’épilogue est amoral, et pourtant c’est possible, vous vous en rendrez compte à la lecture de ce roman charmant, désuet, reposant, bon enfant. Il est bon parfois de lire, ou relire, des romans qui sont à l’origine d’une nouvelle forme littéraire. Ancêtre de Raflles, créé en 1898 par E. W. Hornung, et bien entendu de notre Arsène Lupin national qui lui ne fut créé qu’en 1905, le Colonel Clay, dont les aventures furent publiées en 1897, a ouvert la voie à de nombreux romanciers qui mettront en scène par la suite des émules de ces gentlemen cambrioleurs particulièrement appréciés des lecteurs. Certains s’exclameront, à n’en point douter, que certaines des aventures et filouteries ici narrées, ils en ont déjà lus des milliers, quoique ce serait exagérer, mais justement il faut rendre à Grant Allen ce qui lui appartient. Le lecteur ne doit pas oublier qu’il fut un précurseur et que de ce fait ce qu’il a écrit, décrit, imaginé, était nouveau pour l’époque.

Vous pouvez retrouver le catalogue, conséquent, de Rivière Blanche ici

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Herveline 28/06/2011 15:10


Autant pour nous Jean-Daniel. Ah !!! Le scarabée , un bonheur !!! J'attends avec impatience ce recueil à venir.


Oncle Paul 29/06/2011 09:32



Bonjour Herveline


Moi aussi j'attends et cela prouve que Rivière Blanche n'est pas enfermée dans un carcan, sauf celui de la littérature populaire.


Amitiés



Jean-Daniel Brèque 28/06/2011 09:28


Merci de votre soutien.
Je précise que, si Jean-Marc Lofficier et Philippe Ward ont accueilli avec enthousiasme la collection "Baskerville", c'est moi qui suis responsable de sa création, du choix des titres et de la
traduction de la plupart d'entre eux. En septembre sort FANTOMES ET ASSASSINS, un recueil de textes mi-policiers, mi-fantastiques dus à Robert Barr (le créateur d'Eugène Valmont) et en novembre
CURIOS, un recueil de nouvelles fantastico/humoristiques de Richard Marsh, l'auteur du SCARABEE. En attendant d'autres (re)découvertes en polar, fantastique, merveilleux-scientifique, etc.


Oncle Paul 29/06/2011 09:29



Bonjour et merci pour les précisions que je ne manquerai pas de signaler lors de ma chronique de Mrs Oliphant.


Bien à vous



Herveline 24/06/2011 18:54


http://www.svel.eu/henry-cauvain/maximilien-heller
Je n'ai pas cette collection, mais ici il y a une quatrième de couverture. En plus c'est p-e encore dispo. Si j'ai bien je le rentrerai en neuf dans cette collection (que j'adore d'ailleurs)
Sinon, c'est cet exemplaire que j'ai :
http://www.svel.eu/henry-cauvain/maximilien-heller_27548
J'évite de donner des liens commerciaux sur les blogs, mais comme en même tant c'est mon outil de travail, notamment pour les mots-clés/thématiques, tu me pardonneras.


Oncle Paul 24/06/2011 20:02



Merci pour les précision. Je me rapelle en effet de cette collection qui avait publié également un Eugène Chavette et quelques autres titres des auteurs du XIXème siècle. Collection qui a avorté
malheureusement par manque de lecteurs, mais les anciens ne font plus recette sauf exception et manuels scolaires de littérature qui m'ont détourné de Hugo et consorts.


Merci encore



Librairie Soleil Vert 24/06/2011 16:12


Eh bien moi c'est "Maximilien Heller" d'Henry Cauvain, écrit en 1871 qui est sur ma table de chevet. Complètement inconnu de moi, mais dont la préface aux éditions Garnier, m'a bien alléchée. Quant
à Jean-Marc, je ne le remercierai jamais d'exporter à l'étranger nos vieux classiques de la SF, que du reste nombre de personnes de chez nous ont complètement occultés. Donc de toute façon leur
binomat, avec PW, est des plus appréciable pour la culture populaire.


Oncle Paul 24/06/2011 17:34



Connais pas


Peux-tu me donner les références ?


 Merci d'avance



Herveline 24/06/2011 06:41


On peut rendre hommage à RB qui défend la littérature populaire et qui depuis quelque temps déjà élargit ses collections au polar. Rivière Blanche étant au départ seulement une collection
science-fiction qui donnait une prolongation à la feu collection Anticipation du Fleuve Noir. Cette initiative polardeuse pourrait bien être du fait de Philippe Ward. En tout cas, je me délecte
toujours de ces rééditions qui n'ont qu'un seul but, nous détendre. L'auteur m'est inconnu, mais je suis tjs à la recherche justement de ces bijoux oubliés.


Oncle Paul 24/06/2011 16:04



Tout à fait Herveline et j'ai d'autres lectures aussi instructives en attente. De chez Rivière Blanche par exemple un Mrs Oliphant qui date de 1890 et quelques et me semble du meilleur aloi. Et
je confirme que celà est du fait de Philippe Ward, à moins que Jean-Marc Lofficier se cache derrière. Et toujours sur le même sujet, mais pas chez le même éditeur, un Fortuné de Boisgobey, un
gars d'chez moi, et un Charles Monselet qui oeuvra durant la même période et m'est totalement inconnu. C'est dans la collection Labyrinthes et je me régale d'avance. A bientôt