Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 16:30

Entretien avec Pierre BONDIL, traducteur.PB9b.jpg

Combien de traductions as-tu effectuées depuis tes débuts ?

Je n’ai pas compté depuis un certain temps et le rythme a considérablement baissé en raison de l’enfer Hammett (j’ai notamment « perdu » un recueil de nouvelles de Charles Willeford chez Rivages et un auteur canadien, non policier, David Bergen, chez Albin Michel, à cause des retards accumulés sur la traduction des cinq romans pour le Quarto Gallimard), mais au total je dirais plus de 110 romans, une vingtaine de nouvelles, trois scénarios, un pilote de dessin animé, des interviews. 

 

Sur quel(s) ouvrage(s) travailles-tu actuellement ?

Actuellement je travaille uniquement sur le prochain Jack Taylor de Ken Bruen, qui devrait s’appeler « En ce sanctuaire » et paraître en octobre dans la Série Noire chez Gallimard. Et j’envisage de baisser de rythme, les trois dernières années ont été très éprouvantes. Avant, je travaillais souvent sur deux ou trois romans « en parallèle ». Par exemple, avant de passer au deuxième jet d’un roman, j’entamais le premier jet d’un autre car survient presque toujours un moment où le traducteur commence à se fatiguer de l’histoire, des tics de l’écrivain... Un passage par un autre texte permet d’oublier un peu et d’avoir une meilleure vision globale quand on reprend le texte par la suite.

 

Choisis-tu tes auteurs ou est-ce à la demande d’éditeurs ?

Bruen est une demande de l’éditeur. La série était commencée, il y avait deux romans de traduits PB1.jpget des problèmes : le troisième texte était si bon (et les délais de remise qu’on m’a proposés si longs) que j’ai accepté avec enthousiasme de traduire « Le Martyre des Magdalènes ». Je poursuis la série, je suis d’ailleurs allé me ressourcer une semaine du côté de Galway à la fin du mois d’août. Pour Hillerman, Roger Martin (Editions Encre à l’époque) m’avait donné deux livres à lire en me laissant maître de la décision. J’ai très vite choisi. En général, l’éditeur me propose quelque chose et j’accepte ou non. Cela dépend des délais de remise, du plaisir que j’ai à lire le livre et du cadre dans lequel il s’inscrit. Je ne ferais pas de bon travail par exemple sur un livre qui détaille à longueur de pages des arnaques financières ou des expériences liées à la drogue, deux domaines que je ne maîtrise vraiment pas et qui ne m’intéressent pas. L’important (et certains directeurs de collection le savent très bien) c’est que le traducteur aime le livre sur lequel il travaille. Si en plus le traducteur peut se permettre de refuser un texte qu’il n’aime pas et s’en voir proposer un autre par le même éditeur, et si par ailleurs il peut faire ça tout en continuant de payer son loyer, tout le monde est dans la meilleure configuration possible. C’est assez rare, hélas. J’ai personnellement beaucoup de chance à cet égard.

 

As-tu proposé des auteurs que tu avais découverts à des éditeurs ?

Il m’arrive de proposer des auteurs mais un seul titre a été publié, chez Rivages, « Il faut tuer Suki Flood » de Robert Leininger, et ce n’est pas moi qui l’ai traduit, ce qui était entendu dès le départ. Sinon, il m’arrive de lire pour aider un directeur de collection à faire son choix, mais là encore, en fin de compte, c’est lui qui décide et ce n’est pas forcément moi qui traduirai le livre (Jim Nisbet, par exemple).

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Te renseignes-tu sur l’univers familial, social des auteurs avant de les traduire surtout si tu les découvre ?

Je ne me renseigne pas du tout sur l’auteur quand on me propose un de ses livres. Bien sûr, souvent, je sais des choses, pas seulement quand il s’agit de Conan Doyle ou de Jim Thompson (en passant par George Catlin ou J.J. Audubon pour sortir du polar), ce qui m’importe, c’est mon plaisir de lecteur, l’impression que j’en retire (oui, ça je suis capable, non ça je ne pourrais pas le faire bien), la façon dont l’auteur m’apparaît à travers son livre : déjà, il faut que je sente, derrière le texte, quelqu’un qui a quelque chose à dire, pas l’écrivaillon qui peut débiter n’importe quel roman sur n’importe quel sujet sans jamais dépasser le niveau de la distraction, ce que certains appellent, à juste titre, des pisseurs d’encre. Ni l’écrivain dont je vais avoir l’impression qu’il défend des thèses qui me hérissent. Par la suite, et souvent par échange épistolaire avec l’auteur (par mails désormais), j’en apprends davantage, mais avant tout pour résoudre des problèmes rencontrés sur le texte (civilisation, interprétations multiples etc).

 

Je suppose que parmi tes traductions tu as des auteurs et des livres préféPB2.jpgrés ?

Des préférés, oui, bien sûr : Tony Hillerman, Charles Willeford, Jim Thompson, Christopher Cook, William Riley Burnett... plein d’autres puisqu’en général j’ai la chance de pouvoir travailler sur des textes qui me plaisent. « Le Camp des vainqueurs » de l’Australien Peter Corris (Rivages) est un livre magnifique. « Même la vue la plus perçante » de Louis Owens (d’origine en partie amérindienne) et les romans (non policiers) de David Bergen (écrivain canadien), deux auteurs publiés chez Albin Michel, sont également formidables.

 

Quel auteur ou livre que tu aurais aimé traduire et qui pour une raison ou une autre n’est pas passé entre tes mains ?

Des auteurs que je n’ai pu traduire, il y en a des tas aussi, et pas seulement dans le domaine « policier ». Mais disons Fredric Brown, Ross MacDonald, Margaret Millar, le Cain du « facteur sonne toujours deux fois », les livres de Charles Willeford que je n’ai pu faire, Ted Lewis. Une anecdote à ce sujet. Jean-Paul Gratias devait traduire un Ted Lewis et était débordé de travail. J’avais un créneau, je lui ai proposé de le remplacer. Il a accepté, François Guérif a accepté et, fou de joie, je me suis lancé dans la traduction de « Billy Rags ». Heureusement, je commence souvent avant d’avoir signé le contrat. Surtout chez Rivages où je suis en confiance. J’ai bien fait. Au bout de deux pages, j’ai compris que ce texte n’était pas pour moi, que probablement l’argot des prisons britanniques et le ton adopté par Lewis ne me convenaient pas. C’est finalement Mathilde Martin qui a traduit ce livre. Je pense que « Sévices », du même auteur, m’aurait au contraire très bien convenu. Je ne le saurai, hélas, jamais. J’aurais aussi aimé traduire le plus beau des « polars » du sud-africain Wessel Ebersohn, « La Nuit divisée ». Et beaucoup d’’autres...

 

Combien de temps te faut-il pour effectuer une traduction ? Lorsque c’est terminé, tu te relis, tu reprends l’original, ou tu remets directement ton texte à l’éditeur ?

Le temps qu’il faut pour une traduction dépend bien sûr du nombre de caractères dans le livre, de sa difficulté (contexte de l’histoire, dialogues, recherches nécessaires)... tout livre a ses difficultés. Si le romancier a un style, il faut essayer de le rendre. Si l’écrivain n’en a pas et si on traduit tel quel, même sans faire du mot à mot, le texte ne tient pas, il n’y a pas de colonne vertébrale. Ça dépend aussi des activités professionnelles, familiales etc que l’on a par ailleurs. La meilleure façon de répondre est de dire que de toute façon, ce texte, je le lis au moins huit fois. Une première fois avant d’accepter de traduire. Une deuxième en faisant lePB10.jpg premier jet, au kilomètre, très mal (on peut compter une fois de plus, même, car la plupart du temps on a l’œil sur l’écran et on suit ce que l’on « écrit »). Une troisième et une quatrième (premier jet imprimé) en relisant tout le roman en parallèle en anglais et en français pour débusquer les contre sens, les erreurs d’inattention, de fatigue, les mots oubliés ou les phrases sautées etc. Une cinquième pour la relecture globale du deuxième jet imprimé intégrant tout ce qui a été modifié dans le jet antérieur. Une sixième et dernière pour un texte pas trop dur, avec de nouvelles modifications. Une septième si le style est particulièrement difficile à rendre ou s’il n’y a pas encore assez de cohésion, si la lecture heurte. Après, le texte peut être rendu. Selon l’éditeur, il restera une relecture (la huitième, donc) d’épreuves, pour peaufiner si besoin est et prendre connaissance des modifications incorporées par des tiers, directeur de collection lui-même ou relecteurs extérieurs suivant les cas, parfois les deux. (Quand ces modifications vous sont communiquées directement lors d’une séance de travail, ce qui est trop rare, il n’y a généralement qu’une relecture d’épreuves). Après cette nouvelle remise du texte, il peut y avoir une deuxième relecture d’épreuves (j’insiste pour la faire, certains de mes collègues ne la demandent jamais) pour m’assurer que tout est impeccable, qu’il ne reste plus de typos, de répétitions non stylistiques, d’ajouts qui ne vont pas dans le bon sens etc. : c’est la dernière.

 

As-tu eu des livres sur lesquels tu achoppais pour la traduction ?

Des livres pour lesquels la traduction pose des problèmes particuliers ? Comme je l’ai dit il y a toujours des problèmes, généralement rien d’insurmontable, et j’ai relaté l’anecdote concernant « Billy Rags » de Ted Lewis. A lecture, même avec de l’expérience, on ne voit pas toujours les problèmes. Parfois on s’en invente là où il n’y en a pas : je pourrais citer l’exemple récent d’une « grande spécialiste de Hammett » me disant que la traduction de « La Clé de verre » allait être très difficile à cause de l’usage du « pig latin » (une sorte d’argot voisin du verlan) très fréquent dans le roman. En dépit de ses plus de vingt ans de travail sur l’auteur, c’est moi qui lui ai révélé, en décembre 2007, qu’il n’y avait en fait qu’un seul mot de « pig latin » dans tout le texte et qu’en plus il était transparent (comme quoi un « grand spécialiste » d’un auteur peut encore, au début du XXIème siècle, être un piètre spécialiste de son œuvre en langue originale). Je pourrais dire aussi, par exemple, que les romans (très longs) de Thomas Kelly me posent toujours beaucoup de problèmes à cause de son style et de son vocabulaire qui ne peuvent p quarto.jpg as avoir de correspondance directe en français, cela ferait sur-écrit, très lourd, et est vraisemblablement dû au passé d’autodidacte de l’écrivain. J’y passe donc un temps infini pour décider de la manière dont il convient de s’y prendre sans gommer son travail et sans édulcorer le contenu. Je pourrais aussi à nouveau mentionner les cinq romans de Hammett qui viennent de paraître en Quarto chez Gallimard. L’éditeur ayant refusé les traductions des trois premiers romans quand ils lui ont été rendus, il a fallu tout reprendre et cela a conduit à une véritable épreuve de force entre les deux traducteurs qui défendaient deux conceptions différentes. Je peux dire qu’à l’arrivée, je suis satisfait du texte définitif à presque 100%. Mais j’ai dû batailler ferme pour imposer ma lecture de l’œuvre et du style de Dash, et cela m’a valu de nombreuses inimitiés dans le « petit » monde du polar où les langues s’activent vite, pas toujours en connaissance de cause et parfois de façon mensongère ou calomnieuse. Tous les documents concernant cette très désagréable expérience ont été déposés à la bibliothèque nationale et pourront incessamment être consultés rue de Richelieu à Paris, au département des manuscrits, dès qu’ils seront annoncés en ligne sur le site http://archivesetmanuscrits@bnf.fr. A cet égard, je suis heureux de faire figure de pionnier, ayant eu la chance de proposer ce dépôt au bon moment : notre bibliothèque nationale souhaite développer son fonds concernant la traduction moderne et ce, dans toutes les langues. S’il y a, parmi tes lecteurs, des traducteurs possédant des archives, je peux leur indiquer à quelle porte sonner...

 

Ta réponse concernant les traductions de Dash a aiguisé mon appétit. Pourrais-tu nous en dire plus ? Un directeur de collection qui refuse une traduction le fait selon quels critères ?

Pour la traduction des 5 romans de Hammett en Quarto chez Gallimard, un contrat s'étalant sur deux ans et demi (et il a fallu un avenant au contrat pour rajouter du temps puisque l'éditeur jugeait la qualité du travail insuffisante), il est devenu évident 1° que les deux traducteurs avaient des notions du travail à effectuer et des textes eux-mêmes qui étaient différentes au point de devenir inconciliables. 2° L'éditeur a refusé le travail, à juste titre, car la première traduction rendue s'éloignait trop du style de Hammett (le fameux tempo dont certains se gargarisent et ne parviennent pas à le rendre en français, rajoutant des relatifs où il n'y en a pas et en en enlevant là où il y en a, ce n'est qu'un exemple) et parce qu'elle n'avait pas, en français, la tenue nécessaire. L'éditeur a fait preuve d'un désir d'excellence qu'aucun lecteur ne lui reprochera. 3° L'autre traductrice n'ayant pas les compétences nécessaires pour se remettre en cause et s'adapter à la demande de l'éditeur, à compter du mois de juin 2008 et pendant les seize derniers mois de ce travail, j'ai pris unilatéralement la direction des opérations, imposé mon analyse et mes conceptions de traducteur de telle sorte que je peux revendiquer les choix stylistiques et lexicaux que critiques et lecteurs semblent trouver à leur goût. Les documents déposés à la BN sont la preuve de ce que j'avance.

 

Les auteurs que tu traduits sont d'origine anglo-saxonne, mais de nationalités différentes : Anglais ou plutôt Britanniques, Américains, Australiens. Leurs langues si elles proviennent d'une même source ont muté depuis des décennies. N'est-il pas trop difficile d'appréhender leurs subtilités ?

La langue est différente suivant les pays, c'est vrai, mais il existe des dictionnaires australiens (je n'en avais pasbonus3.jpg au début, je suis allé en consulter à la bibliothèque du centre culturel australien) etc... Et quand des doutes persistent, j'écris à l'auteur (Peter Corris, David Bergen, Ken Bruen...). Le seul à qui je n'ai pas écrit est Wessel Ebersohn car je n'ai jamais réussi à avoir son adresse (mais je n'ai pas souvenir d'avoir rencontré d'insurmontables problèmes). Néanmoins, et pour en revenir à l'anecdote relatée concernant Ted Lewis, j'avais probablement trop travaillé sur des auteurs américains pour pouvoir me plonger dans la langue britannique en milieu carcéral...

 

Tu as traduit des romans policiers, des romans, disons généralistes, mais la science-fiction et le fantastique t'ont-ils un jour titillé ou es-tu réfractaire à ce genre littéraire ?

Si je n'ai jamais traduit de romans de science-fiction ou de romans fantastiques ce n'est nullement que je sois réfractaire au genre : question de temps, surtout, je dirais. J'ai toujours eu du travail prévu après le travail en cours et je suis allé vers ce que je préfère (littérature policière, littérature amérindienne aussi), mais si l'on m'avait proposé une traduction ou une retraduction de "Flow My Tears, the Policeman Said" de Philip K. Dick, ou de "Player Piano" de Kurt Vonnegut Jr, je ne crois pas que j'aurais refusé. J'ai aussi lu pas mal de fantastique/science fiction classique style William Hope Hodgson ou John Wyndham. Et je reste ébahi (là, je n'aurais même pas essayé, trop dur pour moi) devant la pure splendeur, en anglais, du texte de H.G. Wells "War of the Worlds".

 

N'as-tu jamais eu envie d'écrire ton propre livre ? Est-ce la peur d'écrire inconsciemment  des situations que tu aurais traduites ?

Si, j'ai écrit cinq romans (policiers) au début des années 80 (dont l'un fut finaliste du prix PB01a.jpgFayard Noir Télérama en 1982). Mais ils devaient être si mauvais que nul éditeur n'en a voulu. 3 ou 4 nouvelles (dont une primée à Sorgues) et un livre pour enfants, en 2000, sur lequel beaucoup de gens m'ont complimenté mais que personne n'a voulu éditer. Je ne peux pas dire que je sois venu à la traduction par déception puisque j'ai commencé à traduire avant d'achever le premier de ces textes. Et sans me prendre pour l'un des meilleurs traducteurs, loin de là, je pense que je fais du meilleur travail en traduction que je ne pourrais jamais en faire en tant qu'écrivain. Néanmoins, le fait d'avoir essayé, de savoir ce que c'est que la page à noircir, l'histoire à construire, les personnages à faire vivre, les dialogues à rendre naturels, et d'être confronté à tous les choix qui font le métier d'écrivain, tout cela aide à comprendre le travail qu'il y a derrière les textes que l'on traduit et à les respecter. L'un de mes défauts de traducteur serait peut-être de trop les respecter.

 

Merci infiniment, Paul, de cette invitation. Toutes mes excuses pour avoir été aussi bavard dans mes réponses. Te voilà contraint de te livrer à un travail éditorial ! Les traducteurs sont gens qui œuvrent en solitaire dans l’ombre (il faut se méfier de ceux dont on entend trop parler, leur réputation est plus importante pour eux que les auteurs qu’ils traduisent) et quand ils ont l’occasion de parler du métier, ils sont souvent intarissables.

En conclusion de cet entretien le modérateur vous propose une réflexion relevée dans et émise par Gérard De Chergé:
Les traducteurs ne roulent donc pas sur l’or. Et la faiblesse des rémunérations expliquent aussi souvent les ratages complets de certains romans. Même si, globalement, les traducteurs estiment que la qualité s’améliore. "Nombre de romans sont tout de même assez agréables à lire, contrairement à certains Masque <http://www.polars.org/spip.php?article41> des années 1960-70, note Gérard De Chergé. Je retraduis d’ailleurs certains classiques, comme Les dix petits nègres d’Agatha Christie <http://www.polars.org/spip.php?article27>, jadis véritablement massacrés, avec des contresens effroyables, des coupes énormes. Aujourd’hui, les éditeurs sont tout de même plus vigilants". Peut-être ont-ils enfin compris que le genre le mérite. Vraiment. (Site A l'ombre du polar)
Photo 1: Pierre Bondil avec Tony Hillerman. Tous droits réservés.

Photo 2 : François Guérif, Pierre Bondil, Peter Corris. Tous droits réservés.

DROIT DE RÉPONSE

Comme suite à l’interview de Pierre Bondil par Paul Maugendre diffusé sur son blog et sur le site Bibliosurf, je tiens à apporter les précisions suivantes :

Depuis 1985, je travaille sur cet écrivain : Dashiell Hammett. Je n’en tire aucune gloire, je dis juste que j’ai abondamment travaillé sur ce sujet, ce qui est matériellement vérifiable (une thèse de doctorat, un essai paru en 1997, la traduction de sa correspondance, nombre de préfaces et articles publiés sur cet auteur), et surtout incontestable.

Concernant la nouvelle traduction intégrale figurant dans le Quarto publié chez Gallimard, je regrette aujourd’hui d’avoir proposé à Pierre Bondil de se joindre à moi sur ce projet qui était le mien. Pierre Bondil en connaît parfaitement l’origine et la date (octobre 2005), tout comme les circonstances. Il connaît aussi chacune des étapes qui ont mené à son aboutissement. 

Je refuse de répondre aux accusations qu’il porte à mon égard.

Je refuse de répondre à ses insinuations.

Je refuse de répondre. Cela devrait vous rappeler quelque chose… C’est la réponse que Dashiell Hammett opposait à ses détracteurs lors de la chasse aux sorcières. Les minutes des procès ont été publiées en mai 2009 sous le titre Interrogatoires. Une saine lecture.

Natalie Beunat


Par Paul Maugendre - Publié dans : Interviews
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