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Didier SENECAL : Mortelle collection. Thriller Fleuve Noir.
Avant d’entrer dans l’édition en 1983, puis d’écrire (son premier roman publié
chez Belfond – Le Cavalier grec – a obtenu le Prix du roman policier/Galeries Lafayette dans le cadre des 24 heures du livre du Mans en
1988) et d’être journaliste pour le magazine Lire pendant 17 ans, Didier Sénécal enseigna l’histoire en région parisienne ainsi qu’à Milan et New-York. Ce qui explique les nombreuses références
qui émaillent ce récit ancré dans l’épopée napoléonienne. Ce qui ne veut pas dire que le lecteur se trouve plongé dans un roman historique. L’intrigue se déroule à notre époque, dans le monde
feutré et parfois délétère des collectionneurs, avec des protagonistes de nationalités différentes et issus de milieux divers. Tout commence par un tragique accident de circulation sur la RN 85,
dite route Napoléon. Bertrand Cousin qui était au volant s’en est sorti en ayant éjecté de la voiture mais sa femme Maud n’a pas eu sa chance. Elle est décédée. Lorsqu’il se réveille du coma à
l’hôpital de Grenoble, il clame qu’il a été victime d’une queue de poisson que lui aurait fait volontairement un chauffard à bord d’une voiture grise. Il a bien relevé le numéro
d’immatriculation, mais l’enquête de gendarmerie n’a abouti qu’à une piste sans issue. Le véhicule de location incriminé a été rendu au loueur sans aucun dégât sur la carrosserie. Agrégé
d’histoire, Cousin est le responsable des collections napoléoniennes dans plusieurs musées. C’est un homme paisible, sans histoire, et sans jeu de mots, aussi traîner derrière lui deux agents de
la CIA, cela met la DST en ébullition. Bertrand Cousin parvient à soutirer du capitaine de gendarmerie qui a enquêté sur les lieux de l’accident, le nom et l’adresse du conducteur supposé avoir
provoqué l’accident. Un certain Norman Clements, résidant en Australie. Malgré un handicap, il se remet tout doucement de son bras droit cassé, et une fatigue généralisée à laquelle s’ajoute un
mal être consécutif à la mort de sa femme, il décide de se rendre aux antipodes. Si la DST, représentée par Pauline Dugast et un jeune stagiaire, Fabien, ne peut le suivre car ses compétences ne
sont que territoriales, le duo d’Américains émargeant à la CIA eux ne se gênent pas pour le filer. Péniblement Cousin parvient à l’adresse indiquée et au lieu d’un trentenaire décrit par
l’employé de la société de location, il est face à un couple d’octogénaires. Norman Clements a reconstitué dans une immense pièce de sa maison la bataille de Waterloo à l’aide de soldats de plomb
et autres figurines. Lors d’une promenade en solitaire Cousin est attaqué par un individu cagoulé et ne doit sa survie qu’à un couteau aborigène acheté dans une boutique locale. Il décide de
revenir en France et de ne plus avaler ses médicaments qui lui sapent la santé et le moral.
On assiste dans ce roman marqué par l’empreinte de Napoléon et de ses maréchaux, de Victor Hugo aussi, à la renaissance d’un homme qui veut comprendre pourquoi quelqu’un a tenté de l’assassiner, et qui ? évidement. Poursuivi ou surveillé par des agents de la CIA et de la DST, il va trouver en quelques collectionneurs qui vivent entre rêve et réalité une aide précieuse : Xiao, le milliardaire communiste chinois, Gordon Fraser l’Ecossais qui milite pour le rattachement de l’Ecosse à la France et professe à l’encontre du maréchal MacDonald une admiration sans borne, les frères Albertinelli de Milan, marchands d’antiquités qui parfois dérogent à la déontologie. Grâce à sa volonté Cousin passera d’homme insignifiant à quelqu’un de déterminé, menant à bien sa quête, perturbant souvent ses poursuivants et anges gardiens qu’il a repéré. Un excellent roman écrit à trois voix, Bertrand Cousin le protagoniste principal, Mark Harrisson l'agent de la CIA et Pauline Dugast de la DST, et qui met en scène un personnage maniant avec bonheur l’imparfait du subjonctif et les citations extraites des Châtiments de Victor Hugo.
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