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Antibes/Juan-les-Pins : 50 ans de Jazz.
Par Renaud Duménil, pour les textes, et Maurice Bernaudon, Michel Johner et Yannick Seuret pour les photographies. Editions Autre vue.
Si le premier festival de jazz d’Antibes Juan les pins fut inaugure le 7 juillet 1960, après une
déclaration officielle du maire, Pierre Delmas, le 16 décembre 1959, soit quelques mois après la mort de Sidney Bechet, et ce malgré le scepticisme des élus de l’opposition, cette manifestation
qui perdure aujourd’hui n’est pas née d’un coup de tête. Depuis les années 1930 Juan les pins et Antibes étaient le rendez-vous d’amoureux du jazz et de la société artistique accueillant aussi
bien Michèle Morgan, Mistinguett Marlène Dietrich, Douglas Fairbanks, Charlie Chaplin Maurice Chevalier, Anita Loos, s
’y donnent rendez-vous et en 1936 Benny
Carter accompagné du saxophoniste Alix Combelle s’y produit, ainsi que l’année suivante le bigband d’Eddy Foy. En 1949 Claude Luter, Juliette Gréco, Maxime Saury se produisent
dans l’antre du Club du Vieux Colombier, émanation azuréenne du célèbre club parisien. Et Big Bill Broonzy, le célèbre bluesman investit les lieux. Mais la figure emblématique d’Antibes Juan les
Pins reste Sidney Bechet qui s’y marie le 7 août 1951 (voir le livre de Daniel Sidney
Bechet), et organisera une fête mémorable. C’est d’ailleurs en souvenir de Bechet décédé le 14 mai 1959 que le projet de festival est lancé.
Renaud Duménil nous narre en quatre chapitres flamboyants, 1920-1959, 1960-1969, 1970-1979 et Depuis 1980, un raccourci de ce festival dégageant les moments forts, marquants, surprenants, émouvants, ou les anecdotes montrant des aspects déjà bassement matérialistes, les marques de produits opportunistes s’engageant dans le créneau des intérêts financiers juteux. Ainsi en 1965, le révérend père de Fatto, ancien bassiste professionnel, et resté très accro au jazz tout en exerçant son ministère, propose une messe en plein air dans la pinède Gould. Accord est donné par les organisateurs et en compagnie de Marion Williams il officie alors qu’un avion survole la pinède arborant une banderole vantant une marque de biscuits, et l’office fut retransmis à la télévision à condition que l’évêché ne réclame pas d’argent.
Lors de la première manifestation en 1960 Claude Luter était bien évidemment de la partie, ainsi que Charlie Mingus et Eric Dolphy, Martial Solal en compagnie de Daniel Humair et Guy Pedersen, Guy Lafitte, Stéphane Grapelli pour n’en citer que quelques uns.
En 1961 ce fut Ray Charles, Barney Wilen, Count Basie, en 1962 Fats Domino, Dizzy Gilespie, Jimmy Smith, en 1963 Miles Davis, Claude Bolling, Sarah Vaughan, Jacques Denjean, en 1964 Maxime Saury, Ella fitzgerald et Roy Elridge, Jean-Luc Ponty, Horace Silver… et en 2009 Sidney Bechet Memory, Roy Hargrove, Jean-Jacques Milteau, Jamie Callum, Keith Jarrett, Gary Peacock et Jack DeJohnette… Que du beau monde enchantant des décennies de spectateurs et une programmation pour le moins éclectique.
Renaud Duménil nous présente ces années qui n’ont pas perdu de leur charme avec tendresse, justesse, élégance et une connaissance
profonde du monde du jazz sans donner dans l’amphigouri.
Des textes simples somptueusement mis en valeur par les photos de Maurice Bernaudon, Michel Delorme, Michel Johner ou Yannick Seuret… Des photos en noir et blanc ou en couleurs que l’on ne se lasse pas de contempler, et c’est là que réside la difficulté : on lit le texte ou on tourne les pages pour ne s’intéresser qu’aux illustrations ?
Le livre idéal qui s’adresse à tous ceux qui aiment le jazz, ou tout simplement à ceux qui, curieux, veulent découvrir un pan de notre patrimoine culturel. Retrouver des sensations issues de leur enfance alors que le jazz était diffusé, enfin certains titres et certains interprètes, plus facilement dans les stations de radio généralistes alors qu’aujourd’hui seules quelques émissions spécifiques sont programmées dans les radios dites nationales, privées ou publiques et à des heures indues. Heureusement des stations de radio sont entièrement dédiées à ce genre musical qui contre vents et marées vogue toujours, et malheureusement, l’on ne peut que déplorer le maigre nombre de magazines de jazz existant, alors que dans d’autres domaines les magazines pseudos culturels font florès (je ne prendrai pour exemple que l’inflation de titres de magazines déclinant les programmes télé).

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