Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 14:42

Un événement à ne pas rater !

Du 7 au 9 octobre se tiendra le 3ème festival international des littératures TPS-Affiche-Polar-du-Sud.jpg policières.

Extrait du dossier de presse :

Le 3e festival des littératures policières, de dimension internationale, est organisé par l’association Toulouse Polars du Sud, il fera découvrir et apprécier les diverses facettes de ce genre littéraire très prisé par le public. Cet échange se concrétisera par les rencontres établies entre lecteurs et auteurs mais aussi à la faveur de tables rondes et de débats.

En effet, pour nous, un festival littéraire ne se limite pas à une simple vente signature d’ouvrages. Bien au contraire, nous tenons à réserver une large place à la présentation de livres avec la participation active de leurs auteurs. Dans le même esprit, l’organisation de tables rondes doit permettre au plus grand nombre d’invités de s’exprimer en toute liberté et ainsi d’apporter au public des informations sur leurs propres œuvres. Comme les deux précédentes années, des initiatives seront prises pour favoriser les échanges entre les auteurs et leur public sur la base de rencontres dans les établissements scolaires, les bibliothèques et médiathèques de la région Midi Pyrénées.

Ce festival bénéficiera de la participation et de l’expérience de toute l’équipe de la librairie de la Renaissance qui s’est déjà investie entre autres dans le Festival du Livre de Jeunesse de Saint-Orens et dans les Rencontres du Livre et du Vin de Balma, ainsi que la librairie de Barcelone « Negra y Criminal » qui proposera des ouvrages en langue espagnole.

Enfin, Toulouse Polars du Sud a établi une coopération avec les salons de Gaillac et de Villeneuve-les-Avignon qui se déroulent dans la même période que son festival. Cette mise en synergie a permis un échange d'auteurs étrangers entre les trois manifestations.

Bien entendu, cette manifestation ne se contentera pas de parquer des auteurs derrière des tables et des piles de livres. Des animations, des conférences, des débats sont au programme et bien d’autres choses encore. Dont un coup de projecteur sur la collection Polars en Nord animée par Gilles Guillon.

Liste des invités :

Raul ARGEMI ; Brigitte AUBERT ; Patrick BARD ; BARU ; Stéphanie BENSON ; Geneviève BLOUIN (prix Alibis 2011); Xavier-Marie BONNOT ; Hugo BUAN ; Jean-Hugues OPPEL ; Guillermo ORSI ; Max CABANES ; Thomas H. COOK ; Ignacio Del VALLE ; Catherine DIRAN ; Serguei DOUNOVETZ ; Valerio EVANGELISTI ; Marc FERNANDEZ ; Maxime GILLIO ; Maurice GOUIRAN ; Sylvie GRANOTIER ; Julien GUERIF ; Gilles GUILLON ; Eric HALPHEN ; Doug HEADLINE ; Mine G. KIRIKKANAT ; Philip Le ROY ; Sophie LOUBIERE;  Marcus MALTE ; Roger MARTIN ; Nadine MONFILS ; Chantal MONTELLIER ; José Luiz MUNOZ ; Elena PIACENTINI ; Christian RAUTH ; Maryse RIVIERE ; Sylvie ROUCH ; Sébastien RUTES ; Carlos SALEM ; Benoît SEVERAC ; Gunnar STAALESEN ; Nick STONE ; Gérard STREIFF ; Dominique SYLVAIN ; Paco Ignacio TAIBO II ; Tran Van TRAN-NHUT ; Jeronimo TRISTANTE ; TROUB'S (BD) ; Blandine VIÉ ; Maxime VIVAS ; Eric YUNG ; ZOLMA ;

Comme vous pouvez le constater il y a en pour tous les goûts et il serait étonnant que vous ne trouviez point livre à votre mesure. Et si vous désirez plus de renseignements sur leur production, vous pouvez cliquer sur leur nom (pas tous, malheureusement) et lire soit une chronique concernant un de leurs ouvrages, soit lire un portrait ou un entretien.

Le tout est placé sous l’aile tutélaire de Claude Mesplède.

Retrouvez le programme complet de Toulouse Polars du Sud sur leur site.

Par Oncle Paul - Publié dans : Z'infos MystèreJazz - Communauté : Culture Polar
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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 17:31

Imaginez une région de la Bretagne profonde, sauvage, noyée sous une brume épaisse matutinale. Seules quelques silhouettes se profilent dans les filaments du brouillard qui va peu à peu s’estomper, au fur et à mesure que le soleil parviendra à glisser ses rayons et éclairer la lande. On pourrait comparer l’intrigue de ce roman à cette image, roman dans country-blues.jpg lequel les personnages sont présents mais dont l’intrigue est diluée et se révèle peu à peu. Des silhouettes s’érigent, des voix s’élèvent se répondant comme un écho décalé dans le temps. Des ectoplasmes s’infiltrent, joignent leurs paroles aux délires, aux interrogations, aux pensées des divers protagonistes qui déambulent dans cette campagne. Les uns habitent une vieille ferme délabrée, d’autres un garage ou un café minables, de chaque côté d’une distillerie désaffectée. Mais tous sont hantés par un passé qui leur colle à la peau, un passé toxique, malsain, dévoyant leurs neurones. Dany Argol semble être le plus sain, le plus frais dans sa tête. Il s’occupe des vaches, les siennes, et des femmes, celles des autres, ou de jeunes filles en manque d’amour charnel. Une véritable bête dont la réputation n’est plus à faire. Son frère aîné, Jean-Bruno, qui s’entraîne toujours à la boxe sur un ring aujourd’hui inutilisé et qui pendant un certain temps se croyait promis à un bel avenir pugilistique. Maintenant il se contente de monter un mur d’enceinte autour de la ferme et cela lui prend du temps. Ensuite Lucas et sa marionnette Olive, une excroissance qui parle pour lui, car c’est un taiseux Colas. Il a le cerveau en capilotade, mais cela n’a pas toujours été le cas alors qu’Olive sait de quoi elle parle, même si ce n’est qu’un pantin. Et Cécile, la fille de la maison, hommasse, lesbienne, qui a vécu au bourg avec Anne-Laure, mais depuis que celle-ci a disparu, Cécile est revenue à la ferme. Elle a une passion des armes, anciennes de préférence, et se délecte à la lecture de magazines spécialisés. Les heurts entre elle et ses frères ne manquent pas, c’est la vie de famille. Chapeautant tout ce petit monde, la mère qui n’a plus toute sa tête dont elle a perdu la gérance depuis le drame. Avant, il y avait aussi le père qui aurait pu prétendre à une carrière honorable de rocker si… De l’autre côté il y a Didier le garagiste, Evelyne sa sœur alcoolique qui tient un bar et Vincent l’aîné qui fut gendarme. Sans oublier Gildas qui adepte de la peinture qui prenait pour modèle des écorchés. Et puis voilà Flora qui débarque, qui boxe elle aussi, déchire un coin du voile, ou l’opacifie. Et les réminiscences du passé s’élèvent en fumerolles, des petites filles qui ont disparu, le rocker mort, une sœur suicidée, d’autres cadavres qui sortent d’un placard, ou plutôt d’une cave, vingt ans de drames, de secrets, de refus de la mémoire, de la vérité, jusqu’au nouveau drame qui clôturera le premier. Comme une spirale infernale.

Construit comme un puzzle oral dont les pièces s’emboitent peu à peu, pas toujours dans l’ordre, au fur et à mesure des dispositions imposées par les protagonistes, ce roman étrange nous change des énigmes linéaires et l’épilogue, la pièce finale, nous dévoile un tableau sombre et immoral. Comme la vie. Si l’atmosphère nous plonge dans certains romans de Pierre Pelot, avec ses personnages déjantés, Claude Bathany a écrit une œuvre personnel, qui n’emprunte à personne, et démontre qu’on peut encore innover en matière de littérature noire.

Claude BATHANY : Country Blues. Le Point, collection Romans Noirs. 216 pages ; 6,50€. Réédition de Métailié (2010).

Par Oncle Paul - Publié dans : Romans - Communauté : Culture Polar
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Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 17:25

Il existe de petits plaisirs dans la vie qu’il faut entretenir et partager. Ainsi le bonheur de retrouver quelqu’un que l’on connait depuis de longues années, près de trente ans, et que l’on fréquente par procuration. Ainsi Michel Quint que je revoie toujours avec le même contentement mais trop épisodiquement, se rappelle à mon souvenir par romans interposés. amants.jpg Je retrouve dans son dernier ouvrage cette ambiance, ce maniement des mots et des phrases qui permet de discerner le style qui a fait le succès de cet auteur. Son essence, sa Quint essence si je puis me permettre ce mauvais jeu de mots. Mais contrairement à ses précédents romans et pour reprendre une phrase que j’avais utilisée pour chroniquer quelques-uns de ses livres, écrivant Michel Quint se vautre dans l'écriture alliant au rêve un hyperréalisme débridé, dans Les Amants de Francfort il se montre plus réservé, plus discret, moins hyperbolique dans ses descriptions.

Le Salon du livre ou Foire du livre de Francfort est la plus grande manifestation littéraire du monde, la plus vieille aussi puisqu’elle remonterait à l’époque de l’invention de l’imprimerie par Gutenberg et bien évidemment elle draine bon nombre d’auteurs, d’éditeurs, de tous les membres de la confrérie du livre et de l’écrit. Florent Vallin petit éditeur parisien, patron des éditions En Colère, ne peut manquer ce rendez-vous annuel qui se déroule au mois d’octobre. Il souhaite que des confrères allemands et américains s’intéressent à son catalogue afin de conclure quelques contrats de traduction bénéfiques pour lui et ses auteurs. Pourtant il possède un contentieux avec l’Allemagne. Son père y a été assassiné en 1977 alors qu’il était en déplacement professionnel.

Sous les auspices, tutélaires ou non, de Fitz, un agent américain qui barbote dans les milieux littéraires et de Sandor, un vieil homme qui se réclame de Vlad Tepes et considère qu’il est la Hongrie à lui tout seul, ancien agent de sécurité exerçant une fonction indéterminée dans l’hôtel de luxe où est hébergé tout ce petit monde, Vallin fait la connaissance d’un couple, Hermann et Ilse, qui se propose de parler affaires avec lui, contrats à la clé. Il aperçoit également une jeune femme en rouge, Léna, avec laquelle il fait plus ample connaissance au cours d’un buffet organisé en l’honneur du livre et de ses représentants. Ils sont irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, et l’aimant les pousse à devenir amants. La nuit même alors qu’ils batifolent dans la chambre de Vallin, Hermann et Ilse sont assassinés à coups de couteau.

Vallin possède ses bureaux à Paris et emploie une secrétaire d’origine Roumaine, Zina, qui partage son bureau et éventuellement sa couche. Sa femme Clémence dont il est séparé et son fils Maxime, âgé de dix ans, sont toujours à Lille. Il leur rend visite de temps à autre, sans plus. Clémence et lui se sont connu tout jeune, ils ont été élevés ensemble, leurs pères étant amis. Lorsque le père de Clémence est décédé, par la faute d’un camion se trouvant par hasard sur son passage, les parents de Vallin ont recueilli la gamine. Puis le père de Vallin est mort assassiné en Allemagne, et sous son corps a été retrouvé un vieux journal annoté par Baader. Alors affirmer que Vallin père a été tué par des hommes de la RAF, Rote Armee Fraktion, plus connue sous la dénomination de Fraction Armée Rouge ou plus communément la bande à Baader, vient tout de suite à l’esprit des policiers et des journalistes.

Clémence est atteinte d’une tumeur au cerveau. Une opération est envisagée, mais elle veut auparavant résoudre le mystère de son grand-père Louis, et retrouver des documents lui appartenant. Or parmi les dossiers en leur possession, et en les décryptant, Clémence et Vallin se rendent compte d’une anomalie. Louis Vallin, qui était ouvrier zingueur avant guerre aurait été, non pas enrôlé de force dans le STO, mais qu’il se serait mis à disposition comme volontaire demandant à travailler dans une ferme. Mais il manque un dossier que Vallin se promet de récupérer.

quint.jpg Quand la petite histoire se catapulte avec la grande, trois périodes s’érigent avec leur lot de mystères. Louis travaillant en Allemagne durant la guerre, le père de Vallin se faisant tuer en Allemagne dans des conditions mal définies, Vallin lui-même ayant une liaison en Allemagne avec une femme qui lui donne un prochain rendez-vous qu’un an après, et le couple assassiné à l’aide d’un couteau. Luna en possède un mais celui-ci comporte des traces de sang frais, qui s’avère être le sien, et d’autres traces qui sont trop vieilles pour l’impliquer dans ce meurtre.

Michel Quint nous entraîne dans un récit qui pourrait être un drame familial recueilli auprès de personnes ayant subi ce genre d’avatar, et aménagé avec un suspense supplémentaire. Bon nombre d’hommes ayant été enrôlé dans le STO l’ont-ils été de force ou par convenances personnelles ? Et combien de meurtres ont été imputés à la bande à Baader et autres terroristes à tort. Michel Quint reprend le thème de la mémoire, l’explore, la triture et tient son lecteur en haleine, l’envoutant avec une écriture travaillée et qui semble pourtant si limpide. Et ces pans de l’histoire collent à la mémoire collective et individuelle comme l’adhésif au doigt du capitaine Haddock.

Vous pouvez également lire ma chronique concernant Les Joyeuses.

Michel QUINT : Les Amants de Francfort. Editions Héloïse d’Ormesson. 238 pages. 18 €

 

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Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 16:43

Peut-être serez-vous étonnés de lire une chronique proposant cet ouvrage sur Mystère Jazz. En effet ce guide n’a aucun rapport avec le roman policier ou le jazz. En apparence, guide-locataire.jpg car que de mystères se cachent dans les arcanes de la location.

Le service militaire a été supprimé et pourtant le parcours du combattant existe toujours pour les étudiants et tous ceux qui recherchent un logement ; un modeste petit studio pour travailler dans le calme et la sérénité, pour se reposer à l’abri des intempéries scolaires. Un lieu qui signifie la liberté, l’émancipation, l’indépendance payée chèrement sous forme de location onéreuse. Mais avant de parvenir à s’installer dans ce futur paradis, les démarches effectuées équivalent souvent à des galères, sauf lorsque l’on est l’enfant de parents qui connaissent des gens qui possèdent une pièce sous des combles susceptible d’être prêtée en compensation d’un petit dédommagement non déclaré.

Il faut d’abord trouver ce petit logement fort prisé. Et souvent l’on passe par un bailleur privé qui appose une affichette chez les commerçants dits de proximité : boulangeries, épiceries et autres. Est-ce la bonne solution ? Mais la solution quasi infaillible permettant de trouver le nid adéquat à l’oisillon prêt à prendre son envol dans la vie, reste l’agence immobilière. Et là, commencent les tracasseries. D’un air affable l’agent immobilier vous assure qu’il a en magasin la perle recherchée. Et valse des étiquettes auxquelles sont accrochées des clés, proposition d’aller se rendre compte sur place, souvent très loin du lieu que vous espériez habiter, et déception, fenêtres sur cour, isolations phonique et thermique inexistante, tuyauteries poreuses, et autres joyeusetés propres à entamer le moral de fer que vous vous étiez forgé. Enfin, c’est bon, vous vous résignez à choisir ce qui vous semble le moins pire.

C’est sans compter sur les exigences paperassières qui en découlent. Il faut fournir tel et tel document, c’est comme ça, on n’y peut rien, c’est la loi, et puis vous savez si vous ne voulez pas nous les fournir, y a plein d’autres clients potentiels qui attendent à la porte, alors c’est comme ça ou alors merci et au-revoir. Vous avez compris il faut vous plier au bon vouloir de cet employé ou gérant affable mais dur en affaires. Mais ce qu’il vous demande, peut-il l’exiger ?

C’est là qu’intervient ce guide proposé par l’association CLCV (Consommation, logement et cadre de vie). Après une introduction générale qui aborde le droit à un logement pour tous, dix chapitres déclinent toutes les subtilités des droits, des démarches et des recours. Dix chapitres recensés ci-dessous :

Chapitre 1 : Les droits et obligations des bailleurs et locataires.
Chapitre 2 : Vous cherchez un logement : où vous adresser ? Quel dossier déposer ?
Chapitre 3 : Vous entrez dans un logement : Quel bail signer, quelles formalités remplir, de quelles aides pouvez-vous bénéficier ?

Chapitre 4 : Les services, contrats et charges annexes au logement, les dispositifs de solidarité
Chapitre 5 : Vous êtes dans un logement : quel loyer régler, quelles charges payer ?
Chapitre 6 : Vous souhaitez améliorer votre logement : comment vous y prendre et que demander ?
Chapitre 7 : Vous cherchez à acheter le logement que vous occupez : selon quelle procédure, quelles garanties exiger ?
Chapitre 8 : Vous avez un litige avec votre bailleur, vous avez des difficultés financières : les démarches à engager, les aides à solliciter
Chapitre 9 : Vous quittez votre logement : quelles sont les règles à connaître ?
Chapitre 10 : Les droits collectifs des locataires

Comme vous avez pu vous en rendre compte à la lecture de la liste ci-dessus, ce vade-mecum n’est pas réservé aux primo locataires mais bien à tous ceux qui vivent déjà en location. Il permet non seulement de connaître les droits, mais aussi de déceler les pièges et d’anticiper les éventuelles contrariétés et désagréments inhérents à tout ceux qui pensent être, en toute bonne foi, dans la légalité mais se trompent et risquent, ainsi que leur entourage, d’en subir les conséquences néfastes. Un ouvrage complet, qui s’avère indispensable afin d’éviter les pièges qui se glissent inévitablement au détour d’un document. Un ouvrage qui peut stationner sans encombre dans votre table de nuit, mais que vous pouvez emporter n’’importe où, même dans une agence, ce qui démontrera à votre interlocuteur qui vous êtes parfaitement au courant de vos droits et qu’il ne va pas vous arnaquer impunément.

Collectif du CLCV : Locataires : guide de vos droits, démarches et recours 2012. Editions de La Découverte. 350 pages. 17,50 €

Par Oncle Paul - Publié dans : Documents - Communauté : Culture Polar
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Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 16:24

Des traces de pneus qui se dirigent vers la berge du canal de l’Aulne, qui s’arrêtent au bord de l’eau, une sorte de méduse flottant entre deux eaux. Il n’en faut pas plus pour que Sylviane, Sylvie-Anne pour l’état-civil, soit persuadée que sa mère et ses deux petits menglazeg2.GIF frères gisent au fond de la bagnole emplie d’eau. Morts noyés par sa faute. Pour la mère, « sa grosse pouffe de mère », ce n’est pas grave. Elle l’a bien cherché l’Aurore Boréale, Aurore c’est son prénom, Boréale, parce qu’elle vient du Nord, de la France, et qu’elle a connu le père de Sylviane grâce aux petites annonces du Chasseur Français. Ils se sont mariés en 1963 et Sylviane est née en 1964. Mais les petits, Louis et Capucine, rien que d’y penser, l’adolescente en est toute retournée. D’ailleurs elle décide de se jeter elle aussi dans la flotte mais sa mobylette dérape et c’est l’engin qui est englouti. Il ne lui reste qu’à rentrer à la maison, avec l’espoir improbable que tout cela n’est qu’un cauchemar.

Seulement dans la cuisine du pennti, petite maison bretonne, le couvert n’est mis que pour une personne et dans l’assiette est déposé le livret de famille. Une vision qui la perturbe encore plus.

Nous sommes au début mars 1982, et bouleversée Sylviane se remémore son enfance par bribes. Elle n’a pas eu la vie facile, Sylviane. Son père atteint de poliomyélite, il est handicapé d’un bras, mais pas du reste. Sa mère, Aurore depuis son mariage passe son temps à écouter des microsillons de ses idoles préférées, Johnny, Eddy, Sylvie… C’est pour cela que Sylviane s’est appelée Sylvie, avec l’ajout du nom de la sainte patronne de la Bretagne. Nés après elle ses deux autres frères , Johnny et Eddy ont été placés à la DDASS et depuis elle n’en a plus eu de nouvelles. L’Aurore ne s’est pas révélée maternelle, laissant le père, Mikelig, s’occuper de la gamine, du ménage, de la popote, malgré son infirmité. Ils ne sont pas riches, mais Mikelig qui travaille dans un C.A.T. bricole aussi pour les voisins et connaissances, réparant radios et télévisions. Ce qui lui a permis d’acheter la fameuse 2CV qui est au fond du canal. Puis sont arrivés Petit Louis et Capucine.

Sylviane tergiverse. Doit-elle ou non avertir les gendarmes ? Elle rentre chez elle, et s’informe auprès des voisines, l’Artiste et la vieille Channing, des femmes qui furètent partout, toujours à l’affût du moindre petit scandale, du moindre secret. Les cancanières du hameau qui tiennent le rôle du journal parlé du bourg. Non elles n’ont pas vu sa mère et les petits, mais elles aperçoivent le livret de famille que Sylviane s’empresse de ranger dans un tiroir. Alors elle se tourne auprès de ses autres voisins, Basile et Boris, surnommés les B&B, deux hommes qui vivent en couple, des homosexuels à n’en pas douter mais si gentils.

Boris prend les choses en main. Sylviane retourne sur les lieux en sa compagnie puis ils préviennent la gendarmerie depuis le café-tabac, un rade d’habitués qui refont le monde en parlottes qui ne mènent à rien, un boui-boui lieu obligé de rendez-vous avec son baby-foot et son téléphone indiscret. Une fois de plus Sylviane remâche ses souvenirs, ses treize ans, et le bon temps passé avec ses grands-parents paternels qui la choyaient, lui offraient l’amour maternel dont elle était frustrée.

menglazeg2 Ceux de Menglazeg est le quatrième pan d’une saga familiale à lire indépendamment, ou non, puisque certains des personnages des précédents romans y font des apparitions évanescentes, et n’interfèrent en rien dans ce drame qui est presque un mélodrame rural. Quelques images fortes imprègnent ce roman dont l’action principale se joue entre deux dates : 1963 et 1982. Deux époques qui se juxtaposent, se télescopent, et qui mêlent sourires, rires même parfois, et tragédies. Parmi ces images fortes, le mariage d’Aurore et Mikelig. Le jour même du mariage, juste avant la messe de cérémonie le curé officie un enterrement. La carriole qui emporte le cercueil du défunt est tirée par un cheval recueilli auprès de bohémiens de passage. Ce n’est pas pour refouler les ardeurs des musiciens qui accompagnent les mariés. Seulement le cheval à l’écoute de cette aubade qui lui rappelle sûrement son enfance dans un cirque itinérant se met à danser, à tanguer à gauche, à droite. La marche funèbre se transforme en parade équestre. D’autres images moins drolatiques défilent et c’est toute une époque révolue qui revit. La cueillette des haricots, travail ingrat payé au compte-gouttes, pas pour des haricots mais presque. Les loisirs n’existaient pas ou peu. Sauf pour l’Aurore qui avait amené de chez elle son tourne-disque et ses microsillons. En ce coin reculé de la Bretagne, au nord de Quimper, dans les monts d’Arrée, le modernisme n’avait pas encore dénaturé le quotidien, les habitants vivaient chichement, mais étaient-ils plus malheureux que nous aujourd’hui qui avons tout ou presque ? Pas sûr. Sommes-nous plus heureux, alors qu’on en veut toujours davantage ?

Un beau livre sur la condition humaine comme Hervé Jaouen sait les écrire.

A lire également Les filles de Roz-Kellen, Ceux de Ker-Askol et Les soeurs Gwenan qui constituent les trois premiers volets de cette tétralogie. Un entretien avec Hervé Jaouen se trouve ici.

Hervé JAOUEN : Ceux de Menglazeg. Collection Terres de France ; Presses de la Cité.

300 pages; 19 €

Vous pouvez également lire l'impression de Claude Le Nocher sur Action-Suspense

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Samedi 10 septembre 2011 6 10 /09 /Sep /2011 08:50

 

Depuis trente-quatre ans l’Irlande est scindée en deux morceaux de pays, et la tension entre le Nord et le Sud. A Tyreelin, dans le comté de Cavan, à quelques kilomètres de la frontière qui sépare les deux Irlande, nait en 1955 un garçonnet fruit des amours illégiti Breakfast.jpg mes d’un religieux, le père Bernard Mc Ivor et d’une femme qui est partie pour Londres. Pour un début raté dans la vie, on ne pouvait pas trouver mieux d’autant que la Moustachue, ou la Poilue selon les jours, sa mère de substitution n’a pas que Patrick Pussy Braden à élever. Enfin, élever, c’est vite dire. Et Patrick Pussy est abonné au poids des mots, au choc des torgnoles. Mais qui est-il vraiment ? Lui-même ne le sait pas. Un garçon théoriquement, une fille probablement. Et dans la rue les gens qui regardent passer Pussy pourraient chanter l’adaptation française de Sloop John B. un titre des Beach Boys interprété en français par Stone en 1966 :

 

Est-ce une fille ou un garçon ?
Un garçon aux cheveux longs
Ou une fille en pantalon ?
C'est là la question
Que j'entends toujours
Toujours partout
Que ce soit dans la rue
Ou dans le métro
.

Pussy encaisse et entretient cette dualité, allant jusqu’à chiper des vêtements féminins afin de s’en affubler. Elle (appelons-la elle puisque c’est ainsi que Pussy se définit dans ce roman) joue indifféremment avec les autres enfants de son âge, même si parfois elle est en butte aux moqueries. Mais elle en a marre des confrontations orageuses avec la Moustachue et décide de claquer la porte, après avoir obtenu son bac toutefois, et de partir à l’aventure en 1971. Elle n’ira pas loin, recueillie par Monsieur Totoche, surnom qu’elle donne à un politicien marié devenu son protecteur. Cette union ne durera pas. Non point à cause du septième ciel que Monsieur Totoche visitera souvent en compagnie de Pussy, mais à cause d’un attentat perpétré à son encontre et dont les auteurs ne sont pas clairement définis. Peut-être des membres de L’IRA ou de l’Ulster Defense Association. Après un interlude à Dublin, Pussy se rend en Angleterre, et est contrainte d’arpenter le bitume à Londres. Elle devient Escort girl mais ses clients ne sont pas toujours faciles à gérer. Comme le soir où invitée dans la voiture d’un client, propre sur lui et d’apparence affable, elle se retrouve avec une cordelette en soie autour du cou. Mais sa blessure profonde se réveille et elle pense voir un peu partout sa mère Eily Bergin qui, à l’âge de jouer encore à la poupée, elle avait remplacé la bonne du curé. Et le bébé qui vagissant déposé dans une boîte de lessive n’était pas issu du Saint-Esprit. Obnubilée par l’espoir de retrouver sa mère Pussy se trouve au cœur d’un attentat dans un club, et comme elle est légèrement pompette, riant bêtement, elle se retrouve emprisonnée.

Breakfast Breakfast on Pluto, petit-déjeuner sur Pluton en français, est un roman étrange, pathétique, empreint d’un humour attendrissant, composé de courts chapitres en forme de rédactions à l’instigation du docteur Terrence. « Couche tout ça sur le papier, comme ça te vient » lui avait conseillé le docteur, et comme elle n’était pas mauvaise à l’école, d’ailleurs son prof Egan le Binoclard l’en félicitait, elle narre cette époque de sa vie, comme si elle effectuait une thérapie mentale salvatrice. Des récits brefs, qui s’enchainent comme des diapositives, avec parfois des instantanés qui semblent hors sujet mais s’intègrent parfaitement dans ce récit d’un jeune garçon/fille à la recherche d’une identité. Le tout sur fond de rébellion irlandaise et d’un désabusement de la population insulaire. Des jeunes filles sont mères mais ne s’occupent que mollement et sans affection de leur progéniture. Des gamins veulent jouer à la soldatesque comme des militaires aguerris. C’est le côté quelque peu misérabiliste d’une histoire à double facette, l’autre pan étant constitué d’une aura de glamour et de paillettes. Le tout enveloppé d’une musique prégnante, indissociable du récit. Tout comme le fantôme de Mitzi Gaynor, interprète de South Pacific, film musical datant de 1958, qui imprègne l’arrière-plan d’une façon indélébile.

Vous pouvez retrouver la playlist de ce roman sur http://asphalte-editions.com/blog/

Bonne lecture en musique.

Patrick MCCABE : Breakfast on Pluto. (Breakfast on Pluto – 1998; traduction de l’anglais/irlandais par Audrey Coussy). Editions Aspahalte.

 

 


 


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Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 16:20

Val, de nationalité anglaise, a coupé les ponts avec Premiere-mort.png ses parents, du moins avec son père qui lui reproche une peccadille, du genre de celle qui ne prête pas à conséquence sauf dans les milieux rétrogrades, et elle s’est exilée à Amsterdam. Elle poursuit des études de journalisme et pour assurer ses arrières, enfin pour subvenir à ses besoins, elle donne des cours de gym. Elle a posé en compagnie de Julian pour une affiche vantant les mérites des remises en forme. Depuis, cette affiche qui orne les murs de la ville lui sort des yeux. D’autant qu’elle vient d’apprendre la mort par assassinat de Julian, un ami, son ancien flirt. Pas de mobile, du moins apparent. Mais l’enquête dirigée par l’adjudant Van Duyl révèle que la personnalité de Julian était beaucoup plus complexe qu’il y paraissait. Val se rend souvent dans un bar où Julian jouait du saxo dans un petit groupe qui aurait pu connaître son heure de gloire. Val veut elle aussi découvrir l’autre facette de Julian, peut-être pour exorciser ses démons.

La première mort de Patrick Eris, alias Thomas Bauduret, dont vous pouvez lire un entretien ici, est un roman tout en finesse jouant sur l’ambiguïté des êtres humains, sur leurs rapports, que ce soit familiaux ou sentimentaux. C’est aussi une balade hollandaise sur fond musical. Ce roman a édité en 2000 aux éditions de la Bartavelle puis réédité chez Atout Editions. Etait-ce nécessaire de le proposer chez un nouvel éditeur ? Oui car les romans qui connaissent le succès lord de leur édition en grand format renaissent en format poche. Alors serait-il anormal qu’un livre, qui n’a pas connu le succès lorsqu’il a été publié par de petits éditeurs manquant de moyens pour diffuser correctement leurs produits, soit à nouveau sur le marché ? Le livre est éternel et donc il doit être considéré comme tel, avec des réapparitions sur es étals. Il était annoncé comme le premier volet d’une trilogie, espérons que les deux autres opus nous serons proposés rapidement.

Vous pouvez visiter le site des éditions Lokomodo, socité qui diffuse également de petites structures éditoriales telles que les éditions Asgard, Malpertuis, et beaucoup d'autres qui consacrent leurs catalogues à la littérature populaire, policiers, fantastique, fantasy, science-fiction...

Patrick ERIS : La première mort. Editions Lokomodo. 256 pages. 7,50 €

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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 11:20

Qui se souvient aujourd’hui de Charles Monselet ? Il fait partie de cette longue cohorte des écrivains français du XIXème siècle chassés des étagères des bibliothèques Franc-maconnerie.jpg et relégués dans le fin fond des oubliettes, en compagnie d’auteurs comme Paul Saunière, Gustave de La Landelle, Ernest Capendu, Maurice Drack ou encore Fortuné du Boisgobey. Ce fut un journaliste, romancier, poète et auteur dramatique français, surnommé « le roi des gastronomes » par ses contemporains. Il possède à son actif une quarantaine d’ouvrages dont La Franc-maçonnerie des femmes que je vous présente aujourd’hui et qui parut en quatre volumes en 1856 chez Michel Levy frères. Ironie du sort, il a publié chez le même éditeur Les Originaux du siècle dernier, les oubliés et les dédaignés. Pouvait-il prévoir que pareille mésaventure lui serait préjudiciable ?

Les bains de mer ne sont pas encore à la mode pourtant quelques personnes de bonne famille daignent s’y rendre, notamment à La Teste de Buch, petite commune située dans le bassin d’Arcachon. En ce mois d’août 1843, Irénée de Trémeleu, jeune gentilhomme parisien y retrouve la comtesse d’Ingrande et sa jeune fille Amélie, âgée de quatorze ans, ainsi que la marquise de Pressigny. Les deux sœurs souhaitent vivement qu’Irénée s’intéresse à Amélie et qu’un mariage soit concrétisé. Seulement Irénée aime à la folie une jeune cantatrice, la Mariana, qui de son côté s’est entichée d’un bellâtre, ambitieux, fat et misogyne, Philipe Beyle. Celui-ci a fait de Marianna sa maîtresse mais il aimerait s’en débarrasser. Seulement Mariana s’accroche à lui, persuadée qu’elle saura l’amener à de meilleurs sentiments. Monsieur Blanchard, homme seul et énigmatique, après avoir essuyer de nombreux refus et significations de non-recevoir auprès des deux aristocrates, demande à Irénée de le présenter à mesdames d’Ingrande et de Pressigny.

Amélie manque se noyer lors d’une promenade en barque sur le bassin et Marianna parvient à la sauver. Ce n’est pas pour autant que ces dames la considèrent comme une femme de qualité. D’origine modeste, élevée à l’instar d’une Cendrillon et ne devant sa notoriété que grâce à un éditeur musical, elle est devenue célèbre comme cantatrice, mais elle n’est justement qu’une artiste. Blanchard parvient enfin à ses fins et remet à madame de Pressigny une cassette qu’il a recueillie auprès d’une vieille dame qui se mourrait, assassinée, près d’Ecouen en région parisienne. Une fois seule Madame de Pressigny ouvre le précieux dépôt qui contient outre des papiers d’importance, une croix à sept pointes ornée de pierreries et qui l’intronise grande maîtresse de la Franc-maçonnerie des femmes. A cause de Marianna, un duel doit opposer Beyle à de Trémeleu avec pour témoins Blanchard et Péché, un marinier local.

Un an plus tard : le comte d’Ingrande se rend chez une jeune femme nommée Pandore. Alors qu’il attend d’être introduit dans les appartements de Pandore, il aperçoit un papier qui traîne. Une enveloppe qui possède un cachet représentant un essaim d’abeilles frappant au visage un imprudent et sur lequel est inscrit « Toutes pour une, une pour toute ». Ce qui amène Ingrande à se présenter chez la Pandore, une femme qu’il entretient, se résume en une consigne : faire attention à un certain Philippe Beyle. Or la suscription de la lettre, il l’apprendra plus tard, est claire. Pandore doit ruiner Beyle, lequel s’éprend d’Amélie.

Charles_Monselet_par_Gaston_Vuillier.jpg Cette devise vous remémorera sûrement celle qui fut le cri de ralliement des Mousquetaires dans le roman d’Alexandre Dumas. Mais nous ne sommes point au temps de Louis XIII et de Richelieu. Cette histoire se passe dans les années 1840, dans un contexte totalement différent de ce qui se déroulait deux siècles auparavant au temps des Mousquetaires du Roi. Et pourtant il existe quelques similitudes. Les duels évidemment ; les femmes fatales, également ; les secrets enfouis dans des cassettes et des meubles à tiroirs. Et pourtant, ce roman témoigne d’une modernité indéniable et ce n’est pas l’écriture de Charles Monselet qui y contribue pour beaucoup. Si certains passages s’étirent dans une lenteur exquise sans pourtant être alambiquée et sans emphase, la plupart du temps Monselet emploie des phrases courtes, directes, vivantes, comme dans le premier chapitre. Mais comme pour un film, chaque séance se doit d’être traitée avec souplesse, vivacité, douceur, poésie, violence, lyrisme, éclat. Des étirements de phrases qui parfois sont légèrement ampoulées, c’était la mode, mais il se moque de lui-même lorsqu’il fait déclarer à Pandore lors d’une discussion avec Ingrande : Que vous avez une rhétorique vieillie !

Parfois les chroniqueurs littéraires ont tendance a prélever une phrase, une séquence, afin d’illustrer le propos. Mais ceci s’avère dangereux dans certains cas, car le texte proposé hors contexte peut être détourné de sa signification, et exprimer tout le contraire de ce que l’auteur voulait exprimer. Ainsi je ne pourrais prélever un passage lorsque Beyle se répand en propos exécrables à l’encontre des femmes, de la gent féminine qu’il place plus bas que terre sans dénaturer les propos qui pourraient être imputer à Monselet alors qu’il démordre la misogynie de Beyle.

Cependant je ne peux m’empêcher d’extraire deux phrases qui prouvent la modernité de la pensée de Charles Monselet, en plus de son évidente attirance pour la condition féminine trop souvent bafouée. Deux réflexions qui sont de plus en plus d’actualité : Dans des pays comme la France, où tout le monde ne mange pas, ceux qui mangent devraient au moins se cacher. C’est le contraire qui arrive. En effet alors que le Secours Populaire, les Restos du Cœur, la Banque Alimentaire enregistrent de plus en plus de demandeurs, l’on voit fleurir à la télévision des émissions culinaires et dans les kiosques des magazines consacrés au bien-manger.

La politique est également abordée, et si cette phrase n’avait pas été écrite au milieu du XIXème siècle nul doute qu’aujourd’hui on pourrait la trouver sous la plume de philosophes impartiaux : Interrogez nos plus profonds politique. Tous vous diront que, dans un Etat sagement constitué, un ambitieux est un élément de désorganisation bien autrement redoutable qu’un chef de brigands.

Charles Monselet : La Franc-maçonnerie des femmes. Collection Labyrinthes n° 190. Editions du Masque. 546 pages. 8,90 €

Par Oncle Paul - Publié dans : Romans - Communauté : Culture Polar
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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 17:03

Alors que se déroule du 2 septembre au 11 septembre 2011 la 37ème édition HollywoodCouv_368.jpg du Festival du Cinéma Américain de Deauville, il me semblait nécessaire de vous présenter un ouvrage paru au mois de mars de cette année et qui par des manipulations incompréhensibles de ma part s’était trouvé enfoui tout au bas de ma PAL.

Treize drames qui ont défrayé la chronique et qui se sont déroulés entre 1921 et 2003. Treize drames qui ont tous plus ou moins marqué les esprits et qui ont alimenté les faits-divers médiatiques et continuent à être évoqués de temps à autre à la suite de nouvelles révélations fracassantes et de nouvelles pièces versées aux dossiers. Des drames qui ont donné naissance aussi à de nombreux romans de fiction et de récits, de films également.

Après un avant-propos dans lequel l’auteur esquisse un rapide historique de la Mecque du cinéma, un village à l’origine créé par un couple d’agents immobiliers qui achète soixante hectares de terrains divisés en lots. En 1900 Hollywood ne compte que seulement 500 habitants puis dès 1912 c’est la déferlante des studios de cinéma, et le début de ces affaires qui sont répertoriées dans l’ouvrage.

Treize affaires criminelles ou supposées telles qui possèdent un goût d’inachevé, probablement à cause du laxisme du LAPD (Los Angeles Police Department) du moins pour certaines d’entre elles. Car entre suicides, morts accidentelles et meurtres, parfois il est difficile d’établir une vérité qui satisfasse indubitablement. Les témoins, lorsqu’il y en a, ne délivrent qu’une vision partielle et partiale des incidents, et se contredisent.

marylin monroeTout le monde se souvient, ou au moins en a entendu parler, des morts énigmatiques teintées de suicide de Marylin Monroe l’éternelle, de Natalie Wood, inoubliable interprète de La fureur de vivre avec James Dean et de West Side Story, de Paul Bern, de Georges Reeves, des meurtres perpétrés sur Sharon Tate qui fut l’épouse de Roman Polanski, d’Elizabeth Short surnommée le Dahlia noir et tirée de l’oubli par James Ellroy, du décès mystérieux de Virginia Rappe, jeune starlette qui était invitée à une soirée organisée par Fatty Arbuckle. RoscoeArbuckleRetSans oublier les affaires qui ont impliqué O.J. Simpson gloire du football américain, de Phil Spector l’un des plus grands producteurs américains du rock possédant à son tableau des stars internationales telles que Ike et Tina Turner, les Beatles, John Lennon, Georges Harrison, Leonard Cohen ou encore Les Ramones.

Revenons sur la première des enquêtes évoquées, celle qui voit Fatty Arbuckle en tant qu’acteur principal. Philippe Margotin, comme pour les autres décès troublants qu’il narre avec simplicité en apportant un éclairage plus lumineux que bien des romans qui leur furent consacrés, remonte à la source. La naissance et la vie familiale et professionnelle des principaux protagonistes, une analyse sobre et convaincante, des faits établis qui ne souffrent d’aucune contestation, jusqu’au dénouement final, et, alors que le lecteur est convaincu des affirmations du narrateur, l’auteur laisse libre cours à d’autres suppositions, entretenant le doute quant au sharontate2.jpgbien fondé des affirmations précédentes. Philippe Margotin décrit la jeunesse de Roscoe « Fatty » Arbuckle, les malveillances des autres gamins se moquant de lui à cause de sa surcharge pondérale, son désir de prendre le contre-pied en devenant amuseur public, comédien et acteur dans de nombreux films, devenant l’égal dans le cœur du public de Charlie Chaplin, découvrant et propulsant Buster Keaton sur le devant de la scène, jusqu’à cette nuit malheureuse où décède Virginia Rappe dans une des chambres de la suite réservée pour ses soirées arrosées. Fatty, plus ou moins blanchi d’un meurtre qui n’est pas si évident à établir, ne s’en relèvera pas. A ce propos, on en apprend plus en quelques pages sur cette affaire que dans le roman d’Ace Atkins, le jardin du Diable, par exemple. Et la relation qui est faite de cet événement, qui sera suivi de beaucoup d’autres, s’avère plus simple et plus probante de la part de Philippe Margotin. Mais il est vrai que Le Jardin du Diable sewood.jpg veut fiction et peut donc jouer avec la réalité sans que cela soit rédhibitoire.

De même sa mise en scène et les explications concernant les faits que l’auteur avance dans les morts de Marylin Monroe, de Natalie Wood, de Georges Reeves, qui incarna pour la télévision le rôle de Superman et le fit sortir des second rôles cinématographiques auxquels il était habitué, Paul Bern, scénariste et réalisateur de films et surtout époux un certain temps de Jean Harlow. Un certain temps en effet puisque son corps a été découvert deux mois et trois jours après leur mariage. Le suicide ne fait aucun doute, en apparence, car quelques détails troublants laissent à penser que l’arme utilisée par Bern pour se suicider serait en réalité l’arme d’un crime. La version du suicide est retenue, car, comme l’écrit Philippe Margotin « cette version a le mérite d’être possible ».

Entre faits avérés, faits supposés, suspicions et réalités maquillées, c’est tout un monde qui renait sous la plume de Philippe Margotin, et ce n’est pas du cinéma. Même si la mort joue parfois à la roulette, comme celle de Bugsy Siegel, célèbre maffieux ami de Lucky Luciano et surtout créateur du Las Vegas actuel.

Alors si vous ne pouvez pas vous rendre au Festival du Cinéma Américain de Deauville, vous pouvez toujours pallier cette carence par ce très bon documentaire.

Par Oncle Paul - Publié dans : Documents - Communauté : Culture Polar
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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 11:06

N’allez point chercher loups-garous, sorcières, vampires et autres personnages du mon de merveilleux et étrange du fantastique. Non, Philippe Vidal explore un fantastique la65ecase_vignette.jpg feutré, celui que l’on peut ressentir entre sommeil et éveil, lorsque notre esprit vagabonde, soumis à aucune contrainte, à aucun interdit cartésien, à aucune logique, empruntant des chemins de traverse incontrôlés. On sait que c’est faux, et pourtant on ne peut rectifier le déplacement de notre conscience au risque de se réveiller et de plonger dans un réel peut-être plus fantasque ou, au contraire, trop terre à terre.

Alors on se laisse bercer sur les ailes de la littérature, s’inventant des histoires, échafaudant une mise en scène, prolongeant notre rêve et ne le quittant brutalement qu’à regret.

Philippe Vidal dans les dix-sept nouvelles qui composent ce recueil, se complait à évoquer au travers des textes Jorge Luis Borges, des auteurs sud américains, Georges Perec, et bien d’autres dont Raymond Carver.

Tout est dit, écrit ou presque dans la nouvelle intitulée Le Jardin qui parle. A un interlocuteur qui lui demande pourquoi avoir écrit Le jardin qui parle, l’auteur répond : Il se trouve que j’ai parfois – comme tout le monde, en fait – des sortes de vision… Rien de mystique, des images qui se forment dans mon imagination, et plus rarement des phrases… Non, en fait ça a commencé à un concert de Magma. Vous connaissez Magma ? (A ce sujet vous pouvez consulter mon article sur Magma ici).

la65ecase vignette Pas d’action, ou peu, surtout des réflexions, des mises en scène, malgré une présence policière, militaire, dans ces nouvelles, mais quoi de plus normal puisque Philippe Vidal explore l’ambiance sud-américaine, principalement vénézuélienne et argentine.

Mais l’écriture joue aussi un rôle principal, comme dans Les livres invisibles, sorte de parabole sur l’évanescence de l’écrit et de la parole face à un régime militaire. Les livres invisibles sont des ouvrages écrits par Le Faiseur. L’Ouvreur qui passe son temps dans un café en compagnie du Diseur, cruciverbiste acharné, même s’il sèche sur des mots simples de trois lettres avec un U au milieu, l’Ouvreur invite son ami chez le Faiseur. Et le Diseur découvre avec étonnement que le Faiseur écrit ses ouvrages avec une encre qui a la particularité de s’effacer presqu’aussitôt que les mots sont rédigés. Certains subsistent partiellement le temps de les décrypter puis hop, comme par magie ils s’en vont, aspirés dans le néant. Des ouvrages qui pourraient peut-être se révéler subversifs, mais ne seront jamais condamnés au pion ou à l’autodafé puisque les textes sont invisibles.

Des nouvelles qui ne sont pas si anodines que cela et font réfléchir sur la société.

Vous pouvez consulter le catalogue de La Clef d'Argent ici

Par Oncle Paul - Publié dans : Nouvelles - Communauté : Culture Polar
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Naissance !

MYSTERE JAZZ  est heureux de vous annoncer la naissance de son petit frère: Les Lectures d'Oncle Paul

Un blog entièrement dédié à la littérature et qui propose des articles inédits ainsi que  des articles déjà publiés dans Mystère Jazz.. Mystère Jazz ne se consacrera plus  dès lors qu'aux romans et aux essais relatifs au jazz..

Visitez Les lectures d'Oncle Paul, l'entrée est gratuite  

 

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813.jpegLe numéro 111 de la revue 813, l'Association des Amis des Littératures Policières vient de paraître. Voir l'excellente chronique de Yan sur son blog : Encore et toujours du noir !

 

 

 

 

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DellyLe numéro double 55/56 de la revue Le Rocambole est consacré à l'oeuvre de Delly. Pour en savoir plus visiter ma chronique ici

 

 

 

 

 

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indic10La revue L'Indic N° 10 vient de paraître. Pour en connaitre le contenu cliquez Ici

 

 

 

 

 

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gorgones.jpgLe Boudoir des Gorgones nouveau est arrivé

 

 

 

 

 

 

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