Mystère Jazz

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Samuel SUTRA : Kind of Black.

26 Août 2013 , Rédigé par Oncle Paul Publié dans #Romans

Samuel SUTRA : Kind of Black.

Samuel SUTRA : Kind of Black. Collection Lecture confort. Editions Terriciaë. 250 pages. 16,00€.

Abandonnant (provisoirement ?) Tonton et ses sbires, les Marx Brothers de la littérature, les Charlots du roman policier, Samuel Sutra nous invite à plonger dans un univers qu’il connait bien : le jazz. Et comme il professe une même passion envers la musique que l’écriture, comme il y barbote avec un plaisir non coupable, nous suivons son nouvel opus avec un intérêt non dissimulé. Car Kind of Black, dont le titre est un clin d’œil à Miles Davis et son Kind of Blue, personnifie le genre de roman dont on attend avec impatience le mot FIN et dont on aimerait, paradoxalement, qu’il dure le plus longtemps possible.

Pour Stan Meursault, pianiste de jazz émérite et reconnu, c’est un grand jour. Ou plutôt ce sera une grande nuit. Sarah Davis va se produire pour un concert unique au Night Tavern, le renommé club de jazz où il joue chaque soir. Sarah Davis, c’est l’étoile accrochée au firmament du jazz, la nouvelle Billie Holiday, qui était partie aux USA pour faire carrière et qui n’était pas revenue depuis. Et cette fin de journée va se dérouler en toute tranquillité car un de ses élèves a fait défection. Car on peut être un musicien de jazz virtuose et donner des cours pour assurer sa subsistance et payer son loyer.

Au Night Tavern, Stan retrouve avec appréhension Sarah, qui n’a pas changé, peut-être embellie même. Elle est accompagnée de Baker son agent, et sous entendu son compagnon. Et tandis que Baker règle les derniers détails au bar, c’est le problème avec les imprésarios il y a toujours un tas de papiers à signer même pour un concert donné pour la gloire. Stan a obtenu le privilège de pouvoir enregistrer, grâce à un magnétophone astucieusement dissimulé, ce concert à des fins d’exploitation. Stan retrouve Sarah dans sa loge et ils ont beaucoup de choses à se dire, mais il y a comme un blocage. Que se raconter qu’on ne sait déjà après dix ans de séparation ?

Il s’installe sur scène avec comme accompagnateur un contrebassiste et un batteur, deux jeunes pétris de talent et la soirée risque d’être mémorable. Et elle l’est effectivement, mais pas dans le sens où les spectateurs l’entendent.

Stan entame de ses doigts déliés et papillonnant sur le clavier le morceau destiné à introduire (musicalement et sur scène) Sarah, mais point d’apparition. Alors il effectue son annonce au micro, mais toujours point de Sarah. Sarah qui ne risque plus de quitter sa loge, un poignard l’a envoyé au pays déjà encombré des jazzwomen.

Jacques est en vacances, en récupération, mais son patron ayant besoin de lui, il saute vite fait dans ses habits et arrive au Night Tavern sans perdre de temps. Jacques est policier, célibataire, et les vacances c’est pas vraiment son truc. Ce n’est pas tant parce que Jacques est meilleur que les autres que son patron fait appel à lui, mais bien parce qu’il est coincé. Il n’a personne d’autre sous la main, d’ailleurs Jacques n’aura qu’à prendre les premières dépositions, humer l’atmosphère, laisser travailler la scientifique, puis ce sera au tour de son collègue Blay, qui pour l’heure est injoignable, de prendre la relève. Jacques est fou de jazz, ce qui serait déjà une motivation pour empoigner au débotté le boulot.

Au Night Tavern, Franck, son patron l’accueille soulagé. Jacques interroge les présents, c'est-à-dire Victor March, le patron de la boîte, Marianne, la serveuse, une superbe rousse à la quarantaine resplendissante, le technicien du son, les musiciens et Stan Meursault. Stan qu’il connait de réputation et c’est comme s’il approchait une idole. D’ailleurs il plaque quelques notes sur le piano, encouragé par Stan, mais il faut bien l’avouer, Jacques n’est qu’un amateur. Il a appris la musique, joué en dilettante, mais n’a jamais vraiment été jusqu’au bout de ses envies. Un honnête tapeur de touches. D’ailleurs Stan veut bien lui donner quelques cours. Mais le regard de Jacques est aussi attiré par la présence de Lisa, de la police scientifique. Il ressent quelque chose pour ce bout de femme, même s’il ne veut pas se l’avouer. Il faudrait interroger aussi Baker, l’imprésario. Mais celui-ci manque à l’appel. Il est reparti pour les USA aussitôt les papiers signés. Un départ précipité, une fuite ?

La soirée avait attiré beaucoup de monde, mais la cave ne pouvait contenir autant de spectateurs, et la plupart ont suivi les prémices du concert par retransmission interposée. Jacques demande à visionner les bandes vidéo, et quelque chose lui attire l’œil, fugacement. Quoi il ne saurait dire, alors même si le lendemain Blay prend la relève, Jacques tire un trait sur ces congés et va enquêter en parallèle avec la bénédiction de Franck, son patron. Et entre Jacques et Stan s’amorce une ébauche d’amitié, une complicité musicale.

Le lecteur habitué à ce genre de roman de suspense se doutera assez rapidement de l’identité du ou de la coupable, et de l’épilogue, mais ce petit travail des cellules grises est rapidement mis de côté. Car ce qui importe, c’est la bande-son qui imprègne l’ouvrage. Comme si le lecteur lisait tout en écoutant un enregistrement d’Oscar Peterson par exemple.

Samuel ne se gargarise pas d’un jargon spécifique, celui employé avec emphase par des chroniqueurs spécialisés et qui pensent qu’en utilisant des termes abstrus ils vont conquérir de nouveaux adeptes, ou qui veulent démontrer que ce sont des connaisseurs éclairés et que le quidam, qui tente de s’intéresser à leur prose, ne leur arrive pas à la cheville en rédigeant des papiers rebutants. Samuel Sutra reste simple, en véritable amoureux du jazz qui sait que le meilleur moyen de prouver cet attachement est de se mettre à la portée (eh oui) de son interlocuteur. Ce qui ne l’empêche pas parfois d’envoyer de petites piques envers des pratiques que tous les gamins dont les parents aimeraient les voir jouer d’un instrument ont eu à subir.

Deux ans de solfège au forceps, et du classique dans la foulée. Pour le jazz, faut attendre. Deux ans de solfège avant de toucher un instrument ! ça a suffi à dégouter des générations entières de gamins, qui auraient pu être des virtuoses si on les avait laissés tripoter un instrument. On dit « jouer » de la musique, mais en France, on ne l’a pas compris. On torture avant. C’est un peu comme si, dès la maternelle, on obligeait les gamins à apprendre la grammaire avant de les autoriser à parler.

Un peu de désabusement aussi dans son propos. Jacques se rend chez un disquaire afin de se procurer des enregistrements de Sarah Davis. Le vendeur lui fait remarquer que c’était avant qu’il fallait les acheter, maintenant c’est un peu tard. Et les radios ne sont pas en reste, qui découvrent qu’une excellente chanteuse de jazz se nommait Sarah Davis.

Quant au jazz en lui-même, il semble que c’est un domaine réservé, non pas à une élite, mais bien à des amoureux, et que ce n’est pas de la musique préfabriquée.

Le jazz. C’est une musique peuplée de morts. On vit à une époque où le plus gros vendeur de disques est un DJ, où ceux qui font les plus grosses carrières chantent en play-back des titres qu’ils n’ont pas écrits et dont ils ne comprennent même pas le sens. Moi, mon univers, il est peuplé de gars qui ont vécu dans la misère et dont on n’a découvert le nom souvent qu’après leur mort. C’est presqu’un univers posthume. Ainsi parle Stan !

Esi EDUGYAN : 3 minutes 33 secondes.

9 Juin 2013 , Rédigé par Oncle Paul Publié dans #Romans

Une galette parisienne !

 

Esi EDUGYAN : 3 minutes 33 secondes.

Dans Paris que la soldatesque allemande commence à envahir, trois musiciens de jazz, plus un, gravent sur des galettes de récupération des morceaux instrumentaux, mais à chaque fois les disques partent à la poubelle. Hiero est mécontent du son de la prestation de l’ensemble. Pourtant ce sont des instrumentistes aguerris, mais cela ne fonctionne pas, ou mal. Le matériel peut-être, les conditions d’enregistrement dans un local qui ressemble plus à un placard qu’à un véritable studio, à la prestation de l’un d’entre eux. A moins que ce soit dû au caractère perfectionniste de Hiero, surnommé le môme, à sa mauvaise humeur peut-être, ou à la maladie. Bref, Hiero n’est pas content et jette systématiquement les galettes. Sid subtilise subrepticement la dernière et la glisse dans l’étui de sa grand-mère, sa contrebasse. Puis tout le monde se rend à l’appartement de Dalilah, la copine de Louis Armstrong qui leur a prêté des matelats. Tous sauf, le musicien supplémentaire, Bill Coleman qui rentre chez lui.

A cette séance participaient outre Bill Coleman, à la trompette, Hieronymus Falk dit Hiero, lui aussi à la trompette, Charles C. Jones, qui préfère qu’on l’appelle Chip, à la batterie et Sidney Griffiths dit Sid à la contrebasse. Il ne faut pas parler de chant du cygne mais chacun y pense.

Cinquante deux ans plus tard, en 1992 à Baltimore, Sid est un vieux musicien de quatre-vingt-deux ans, qui vit dans son appartement parmi les déchets d’une vie. Chip passe le voir. Lui aussi est délabré, la vieillesse, la drogue aussi dont il a fait un usage immodéré pendant un certain temps. Si Sid a décroché de la musique de jazz, de la musique tout court d’ailleurs, ayant travaillé pendant une trentaine d’années comme secrétaire médical, Chip lui a continué à flageller ses peaux et à les brosser, à taper dessus, étant encore un batteur renommé et demandé. Chip lui propose de partir à Berlin, visionner un film sur leur ancien groupe, les Hot Time Swingers, puis il révèle que Hiero ne serait pas mort comme ils l’avaient supposé mais vivrait en Pologne.

A Berlin, la projection du film met mal à l’aise Sid. Comme à son habitude, Chip a raconté n’importe quoi et tous les spectateurs regardent Sid honteux décamper de la salle. Plus tard Chip, sans vraiment faire amende honorable, déclare qu’en réalité il a été piégé par le réalisateur, qu’il a été manipulé. Sid veut bien l’admettre une fois de plus, car entre Chip et lui, depuis qu’ils se connaissent, à l’âge de douze ans près d’un bac à sable, ils ont toujours été comme chien et chat. Lui Sid, le bon gros toutou désirant être ami avec le chat, lequel chat a toujours sorti ses griffes, sauf dans les quelques moments où il ronronnait.

Le flux de souvenirs lui remontent à la tête comme un alcool, dont ils abusaient à cette époque, remonte dans l’œsophage, se niche au fond de la gorge, brûlant tout sur son passage. Dans les années soixante, par un improbable concours de circonstances, la galette a été retrouvée cachée dans un coffre niché dans un mur et que des ouvriers ont mis au jour en démolissant des cloisons. Mais surtout l’année 1939, alors qu’ils jouaient à Berlin, Chip, Hiero, Sid et trois autres musiciens, Paul un Juif blond au piano, Ernst à la clarinette et Fritz au saxo, au club Le Molosse. L’arrivée de Dalilah Brown, la chanteuse de Louis Armstrong, le jeu de la séduction qu’elle a entamé avec Hiero et Sid, Chip n’étant qu’un spectateur caustique. L’algarade avec des gestapistes, à cause de leur couleur de peau. Car si Hiero est Allemand, il est aussi Noir, fils d’une Allemande et d’un Camerounais. Un Sang-mêlé tout comme Chip et Sid. La bagarre et le mort du côté SS, l’obligation de se terrer dans les caves du Molosse, l’arrestation de Paul et son enfermement à Sachsenhausen, la défection de Fritz, puis la recherche de papiers, la fuite vers le château du père de Ernst qui doit leur fournir des visas, le trajet vers Paris où ils doivent graver un disque en compagnie de Louis Armstrong, les nombreux déboires qu’ils subissent, l’arrivée des troupes allemandes et la panique qui s’ensuit.

Le narrateur, Sid, raconte son histoire comme un tromboniste joue de son instrument. Il coulisse son histoire d’avant en arrière, par de longs glissements en franchissant allègrement les années ou par petites glissades dans le temps, tirant de son trombone des accents pathétiques, enlevés, des fulgurances, des glissandos. Parmi les musiciens qui gravitent, Louis Armstrong, bien évidemment, en chair et en os, avec son éternel mouchoir essuyant la sueur coulant de son front, mais aussi la figure tutélaire de King Oliver, le père des trompettistes et des cornettistes. Pourtant il manque un autre musicien qui ne deviendra célèbre qu’un peu plus tard, mais dont le jeu musical ressemble à celui de Hiero, ou inversement. Son style était mélancolique, lent, il maintenait les notes plus longtemps que de raison. La musique aurait dû retentir comme une sirène de navire qui sonne au large – dure, brillante, claire. Le môme, putain, il la rendait trouble, en faisant passer les notes pas seulement par-dessus les mers, mais aussi à travers la terre.

Si le jazz est présent, prégnant, comme une composition écoutée en sourdine tout en vaquant à autre chose, l’auteur s’attache à décrire non seulement ses personnages, leurs réactions, leur investissement, leurs différents, il décrit cette période trouble du Berlin de l’année 1939 puis du Paris 1940, les bouleversements vécus de l’intérieur par des musiciens de jazz, musique honnie par Goebbels, le racisme qui se propage dans toute l’Allemagne. A Hambourg, lorsque Sid découvre avec stupéfaction que le parc zoologique dédié théoriquement aux animaux a été transformé en parc zoologique humain. Mais également à Paris, déclarée Ville ouverte, lorsque les habitants de la capitale commencent à paniquer, à vouloir rejoindre Bordeaux via la Gare d’Austerlitz, la panique, les cris d’orfraies venant de toute part, les insultes qui pleuvent sur Sid et ses compagnons (ils se font traiter de Sénégalais comme si c’était l’injure suprême engendrant en même temps une peur inconsidérée).

Esi Edugyan écrit comme certains romanciers Noirs américains, empruntant leurs tics, alternant les images poétiques à la réalité la plus dure, oubliant sciemment une partie de la négation, comme nous le faisons la plupart du temps dans nos dialogues oraux. Un roman âpre, éloge de la musique, de l’amitié, mais également la description sans complaisance d’une époque que l’on aimerait savoir révolue.

CHRISTOPHE LABORDE : WINGS OF WAVES

28 Mai 2013 , Rédigé par Oncle Paul

Christophe Laborde a constitué son nouveau groupe en 2011, le Christophe Laborde Quartet avec lequel il a enregistré cet album. Ce quartet se compose de Christophe LABORDE au saxophone soprano, Giovanni MIRABASSI au piano, Mauro GARGANO à la contrebasse, et Louis MOUTIN à batterie.

La musique proposée par cette formation est à la fois puissante et tendre, généreuse et intime. Alliant des mélodies évocatrices, des rythmiques efficaces, elle s’articule exclusivement autour des compositions de Christophe. Mais elle se nourrit - dans l’interprétation comme dans les improvisations - des fortes personnalités de ces quatre musiciens et de l’évidente envie d’échange qui les caractérise.

Pour ce projet qui lui tient particulièrement à cœur, Christophe n’a pas choisi ses trois partenaires au hasard. Musiciens talentueux et reconnus sur la scène nationale et internationale du jazz - tant comme sidemen que comme leaders de leurs propres projets - ils ont une histoire commune faite de rencontres musicales au sein de diverses formations au gré de leurs carrières respectives. Une histoire d’amitié qui, finalement, constitue la pierre de touche de cette musique lorsque, en définitive, elle parle des liens et de la solidarité entre les êtres humains.

http://christophelaborde.believeband.com

 

Titres et interprètres :

 

01. WINGS OF WAVES 7:31

02. STAR WATCHERS 6:50

03. SILENCE DANS LE CIEL 6:54

04. COULEURS DE TEMPS – PART 1 6:15

05. MORNING SUN 9:05

06. LOST LIFE 8:59

07. NAGUAL FORCE 6:59

08. COULEURS DE TEMPS – PART 2 3:02

09. ICARUS REBORN 7:58

10. COULEURS DE TEMPS - PART 3 2:30

11. SLOW SKY 7:42

TOTAL : 73:45

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=a00FMv8Cf9Q

 

Christophe LABORDE Saxophone soprano

Giovanni MIRABASSI Piano

Mauro GARGANO Contrebasse

Louis MOUTIN Batterie

 CHRISTOPHE LABORDE : WINGS OF WAVES

BIOGRAPHIE des intervenants :

Christophe LABORDE

Saxophoniste et compositeur né à Pau en 1964, il commence la musique par le piano à l’âge de 5 ans et se met au saxophone à 13 ans.

Il rencontre Steve Grossman en 1988 avec lequel il travaille plusieurs mois. Il obtient son premier engagement professionnel en 1985 au Sunset aux côtés de Simon Goubert. Il partage son activité professionnelle entre les clubs parisiens, les festivals et l’enseignement dans différents conservatoires (9ème arrondissement, Carrières sur Seine, Malakoff) et écoles de musique (C.I.M., ATLA, Ecole des Arts).

Christophe LABORDE a enregistré les « Cyclades » avec l’orchestre symphonique de Jean-Loup Longnon en 1993, et « Le cinquième » de Stéphane Persiani et Simon Goubert en 1989. Il a également été le co-leader sur l’album « Outland » avec Jean-Paul Celea et Wolfgang Reisinger en 1999 et le sideman d’Anne Ducros sur plusieurs festivals en 2007.

Christophe LABORDE s’est aussi produit aux côtés de René Urtreger, Alain Jean-Marie, Simon Goubert, Eric Lelann, les frères Belmondo, Jean-Michel Pilc, les frères Moutin, Michel Benita, Anne Ducros, Jean-François Jenny-Clark…

 

Giovanni MIRABASSI :

Pianiste et compositeur italien né à Pérouse en 1970, Giovanni MIRABASSI commence le piano à l’âge de 3 ans et se tourne vers le jazz à 10 ans. Autodidacte, il étudie en écoutant Bud Powell….mais aussi des musiciens comme Charlie Parker…et bien sûr Enrico Pieranunzi qui demeure l'une de ses plus fortes influences.

A 17 ans, il accompagne Chet Baker lors d’un passage à Pérouse pour un concert et deux ans plus tard, il participe à une tournée en Italie aux côtés du saxophoniste Steve Grossmann. En 1992, il s’installe à Paris et fait la connaissance d’Aldo Ciccolini qui lui apprendra le piano pendant 3 ans.

Il monte sa première formation, le trio Panta Rei, en 1994 et rentre dans le circuit des clubs de jazz parisiens. A partir de 1995, il se consacre entièrement à la musique et tourne de plus en plus en sideman dans des groupes de jazz tout en continuant à travailler dans la chanson en tant qu'accompagnateur et compositeur.

Giovanni MIRABASSI est aujourd’hui un pianiste de renommée internationale qui se produit en Europe et dans le monde entier, notamment au Japon. En dix ans, il a réalisé une douzaine de CD et DVD.

En 1996, il remporte le grand prix et le prix du meilleur soliste du concours international de Jazz d’Avignon. Il produit ensuite son premier disque en trio avec Louis MOUTIN et Daniele MENCARELLI. En 1999, son album « Architectures » produit par Philippe GHIELMETTI voit le jour. Deux ans plus tard, en 2001, il sort sont 1er album solo « Aventi » consacré aux chants révolutionnaires. C’est en 2001 qu’il remporte le Django d’Or du meilleur jeune talent et les Victoires du Jazz, puis le prix du meilleur disque de l’académie du Jazz en 2003.

Giovanni MIRABASSI s’est produit aux côtés de Chet Baker, Alain Raman, Xavier Frathely, Pierre-Stéphane Michel, Flavio Boltro, Daniele Mencarelli, Nicolas, Reggiani, Glenn Ferris…

 

Louis MOUTIN

Né à Paris en 1961, il pratique le piano dès l’âge de 7 ans en autodidacte et se sensibilise très vite au jazz grâce à la discothèque familiale. Il se tourne vers la batterie et en fait son premier instrument à 20 ans.

A 24 ans, à l'issue d'études scientifiques de haut niveau (Ecole Centrale, Maîtrise de Maths), il choisit une carrière de musicien professionnel. A 27 ans, après le succès du Trio Machado dont il est membre, il est reconnu comme l'un des meilleurs batteurs européens de jazz, et se produit dans le circuit des festivals internationaux.

En 1990, il crée son premier groupe avec son frère jumeau François (contrebassiste). Puis en 1998, il fonde le Moutin Reunion Quartet avec Rick Margitza (saxophone) et Pierre de Bethmann (piano) qui comptabilise 5 albums et plus de 300 concerts. Il devient lauréat en 2005 du prix Django Reinhardt avec son frère François. On le retrouve aux côtés de Martial Solal, Michel Portal, Antoine Hervé, Jean-Michel Pilc, Rudresh Mahanpatta, Tigran Hamasyan…

 

Mauro GARGANO

Né à Bari (Italie) en 1972, il étudie la contrebasse classique et jazz avec Maurizio Quintavalle, Furio di Castri et Christian Gentet (Orchestre des Contrebasses).

En 1998, il s’installe à Paris et fait la connaissance d’Aldo Ciccolini qui lui apprendra le piano pendant 3 ans. En 2003, il crée son groupe « Mo’Avast! » avec Francesco Bearzatti et Stephane Mercier.

Il obtient en 2004 le 1er prix au CNSM de Paris en jazz avec Riccardo Del Fra et complète sa formation en suivant des master classes avec entre autres Lee Konitz, Bojan Z et Archie Shepp. C’est en 2008 qu’il enregistre en trio avec Nicolas Folmer et Michel Legrand pour le projet de Nicolas Folmer « Plays Michel Legrand ». Puis l’album du « Mo’Avast Band » sort en 2011.

MASSALIAZZ : Olivier TEMINE, Michel ZENINO & Jean-Pierre ARNAUD.

16 Mai 2013 , Rédigé par Oncle Paul Publié dans #Jazz

Lorsque Olivier TEMINE, Michel ZENINO et Jean-Pierre ARNAUD revisitent la variété d’inspiration provençale, cela sent le thym, la lavande, la sarriette sous le soleil et l'ambiance de la bonne humeur ! A déguster avec ses deux oreilles, les yeux fermés, sans modération !

MASSALIAZZ : Olivier TEMINE, Michel ZENINO & Jean-Pierre ARNAUD.MASSALIAZZ : Olivier TEMINE, Michel ZENINO & Jean-Pierre ARNAUD.

Massaliazz.

 

 

Sortie dans les bacs le 7 mai 2013

LABEL CRISTAL RECORDS

DISTRIBUTEUR : HARMONIA MUNDI

CD REF: 213

16€

Présentation

Félicie Aussi, Adieu Venise Provençale, ……version jazz. Un hommage plein de gaité et de virtuosité fait à la Provence MASSALIAZZ, beau nom pour ce projet rêvé par trois jazzmen marseillais étonnants par leur connaissance du répertoire, bien connu du public provençal : ils nous livrent une musique à nulle autre pareille, constellée de swing, d’humour, de malice et de gaîté : tout ce qui donne à Marseille son inégalable couleur. Michel ZENINO a transfiguré quelques perles de Vincent SCOTTO et de l’époque du mythique Alcazar, mettant en valeur le lyrisme et la magnifique sonorité d’Olivier TEMIME ajoutés au swing phénoménal de Jean-Pierre ARNAUD. Le répertoire de MASSALIAZZ composé par des mélodies populaires de notre patrimoine (Félicie aussi, Adieu Venise provençale, Cane Canebière…) constitue un véritable hommage, rendu à la Provence, avec un parfum de Jazz. « Qu’est-ce qu’une ville ? Qu’est-ce que l’amour d’une ville ? Toutes les villes sont-elles aimées d’amour ? Pas sûr. Et Marseille (Massalia) ? Certain. Aux armes, citoyens ! Jean-Pierre Arnaud (drums), Olivier Temime (sax), Michel Zenino (double bass, arrangements) publient Massaliazz. Manifeste ? Déclaration d'amour? Pure joie de jouer ? Qu’est-ce que le « jazz » en 2012 ? Cette énergie-là. Fureur sacrée sur répertoire provençal. Sincérité, drôlerie, boule de feu, la joie énergumène, le désir dénudé comme un fil électrique. Marseille/Massalia/Massaliazz/Temime/Arnaud/Zenino. Ce n’est qu’un combat, continuons le début ! » Francis MARMANDE - Le Monde

 

Composition :

01. ADIEU VENISE PROVENÇALE (Vincent Scotto) 3:55

02. PETIT MATIN SUR LE VIEUX-PORT (J.-P Arnaud – O. Temime-M. Zenino) 4:43

03. FÉLICIE AUSSI (Casimir Oberfeld) 4:20

04. CANE CANEBIÈRE (Vincent Scotto) /Jour de Match (M. Zenino) 4:46

05. AUJOURD'HUI PEUT-ÊTRE (Paul Durand) 4:36

06. LA PETITE DE LA BELLE DE MAI (Charles Clerc) 3:40

07. SANS MES TONGS [Without a Song] (Youmans Vincent) 6:00

08. LA BUVETTE, DIX JAUNES… (J.-P Arnaud – O. Temime-M. Zenino) 6:08

09. BOUDIOU ON S' SAOÛLE [body and Soul] (Johnny W Green) 4:52

10. LA MICHELINE DU ROVE [Slowtrane] (John Coltrane) 5:10

11. LA MOUNINE À DEUX [Sonny Moon for Two] (Sonny Rollins) 5:25

12. J .P. MES THUNES ! [Bernie's Tune] (Bernard Miller) 2:44

 

Artistes :

Michel ZENINO Contrebasse & arrangements

Jean-Pierre ARNAUD Batterie

Olivier TEMIME Saxophone

 

BIOGRAPHIE & DISCOGRAPHIE des intervenants.

 

Olivier TEMIME : Saxophoniste (ténor et soprano), et compositeur.

Originaire d'Aix-en-Provence, à quatorze ans, il étudie la musique avec un professeur particulier, puis avec Philippe RENAULT au conservatoire de Marseille où il obtient la médaille d'or de la classe de jazz. Lauréat du concours Jazz Futur 90 parrainé par Dee Dee BRIDGEWATER et prix de soliste au tremplin de la Défense 97, il s'impose au gré des festivals (Marciac, Calvi, Antibes, Montreux...), jam sessions et rencontres (Johnny GRIFFIN, Wynton MARSALIS, Jon et Michèle HENDRICKS, Steve GROSSMAN, Daniel HUMAIR, Emmanuel BEX, Laurent de Wilde, les BELMONDO, Jean Loup LONGNON, Eric LE LANN, etc...), comme un des plus vifs improvisateurs de la scène européenne.

Le plus souvent au ténor, il se produit dans les années 2000 entouré de ses « Volunteered Slaves » (clin d'oeil à Roland KIRK) à dimension et personnels variables, sans pour autant renoncer à ses appétits boeufeurs. S'il ne renie pas le legs coltranien, il s'impose au ténor comme un héritier des souffleurs du hard bop, qu'il prolonge et actualise avec une verve toujours cantabile de hérissements, déchirements et paroxysmes qui doivent autant au Free qu'aux saxes du rythm and blues. Philippe CARLES - Le Nouveau Dictionnaire du Jazz

Discographie sélective :

2013 Massaliazz

2010 The Intruder

2009 Breakfast in Babylon

2009 Streetwise

2008 Saï Saï Saï

Jean-Pierre Arnaud : Né le 26 septembre 1961, il suit des études au conservatoire de Marseille entre 1977 et 1980, en classe de percussion classique.

Batteur autodidacte, il fait ses classes dans le club de jazz de son père au contact des plus grands comme Kenny CLARKE, Max ROACH, Art BLAKEY, …. A l’âge de 15 ans il joue régulièrement en club et il est rapidement amené à se produire aux côtés de nombreux solistes : Eric BARRET , Georges ARVANITAS, Jean-Loup LOGNON, Lou BENNET, Peter KING.

Dès 1980, il se produit sur des scènes nationales et internationales, avec des artistes de renoms tels que : Didier LOCKWOOD, Alain Jean-Marie, André VILLEGER, Barney WILLEN, Christian ESCOUDÉ …

Dans les années 90 il s’installe à Paris et s’impose rapidement comme un des batteurs majeurs de la scène française. Depuis 20 ans, il se produit sur les plus grandes scènes en France et à l’étranger au sein de formations telles que : Johnny GRIFFIN quartet avec Hervé Sellin et Ricardo Del Fra, Michel Legrand trio (avec Marc-Michel Lebevillon contrebasse), Olivier Hutman trio (avec Thomas Bramerie) et Ted Nash, KAZ trio (Siegfried Kessler, Michel Zenino), Dick De Graaf European quartet ( Eric Legnini piano, Thomas Bramerie contrebasse), Quintet des frères BELMONDO avec qui il enregistre « Belmondo Quintet » & « For all friends », Michèle Hendrix quintet, Emmanuel BEX Trio. Il est parmi l’orchestre dirigé par Patrice Caratini. Il participe activement à un grand nombre de projets musicaux : Olivier Temine quintet, Eric Le Lann acoustique quintet, Zénino Témime Arnaud Trio, « Take the Coltrane » , Vincent Strazzieri/Sylvain Romano/Jean-Pierre Arnaud Trio, Virginie Teychené quintet. Il a également joué avec : Tom Harrell, Georges Coleman, Dizzy Gillespie, Lee Konitz, Barney Kessel, Lavelle quartet, Mal Weldrom, Horace Parlan, Dee-Dee Brigdwater, N.H.O.P, Chico Freeman, Joe Newman, Sony Grey, Glenn Ferris, John Hendrix, Art Framer, Lalo Schifrin, Deborah Brown, Less MCcann, Kirck Lightsey, Tal Farlow, Antonio Farao, Franck Wes, Archie Shep.

Discographie :

2012 Bright And Sweet – Virginie Teychené

2011 Francois Chat Ssagnite - François Chassagnite

2010 Tom's First Steps - Vincent Strazzieri Trio

2009 Bright And Sweet -Virginie TeychenéPierre

2006 Douces Pluies - Jazz Hip Trio

2002 Saï Saï Saï - Olivier Temime

1998 La Danse Des Inter-Notes - Sylvain Beuf

1996 Today I Feel In Love - Eric Le Lann,

Chazzeologie - François Chassagnite

1995 Sailing - Dick De Graaf

Kess Kess - François Chassagnite

For All Friends- Belmondo Quintet

Sailing - Ted Nash

Alain Brunet Joue Gainsbourg

1993 Lionel & Stephane Belmondo

Anna livia plurabelle - André Hodeir & Patrice Caratini

1992 Essential Ballads - Barney Wilen

1991 Boussaguet 5Tet Jean-Pierre ARNAUD

 

Michel ZENINO est né à Marseille au sein d’une famille de musiciens. Contrebassiste autodidacte, il obtient une médaille d’or de la classe de jazz du CNR de Marseille et poursuit des études de composition et arrangement au Berklee College of Music de Boston USA.

Installé à Paris, il s’impose rapidement comme un contrebassiste de tout premier plan et parcours le monde (USA, Am-Sud, Asie Centrale, Afrique..) et enregistre avec des formations telles que :

le quartet de Barney WILEN de 91 à 93, Welcome de Christian VANDER et Simon GOUBERT de 94 à 97, Manuel ROCHEMAN trio de 99 à 2004, François JEANNEAU pendant un an en 2000. Il collabore depuis 99 avec Simon GOUBERT, avec lequel il enregistre plusieurs albums.

Vainqueur, avec son sextet des concours d’orchestres et prix de composition de Sorgues 87 et la Défense 88 il enregistre son premier album « In the meantime » la révelation de l’année. Directeur musical de l’ORJ PACA, il arrange notamment pour Toots THIELEMANS de 94 à 97. Son projet sur les chansons Françaises , « Dérive Gauche » avec Alain JEAN-MARIE, André VILLEGER et Stephane FOUCHER de 98 à 2004 fût loué par la critique.

Depuis 2004 une grande complicité musicale se noue avec le guitariste Irlandais Tommy HALFERTY. Ensemble ils multiplient concerts et rencontres (Norma WINSTONE, Keith COPELAND…) et forment Ogham. «Dalkey Song» sur lequel Ogham invite Mario CANONGE, prend pour sujet la musique traditionnelle Irlandaise.

L’époustouflant duo qu’il forme depuis 2007 avec le pianiste Mario CANONGE fait la part belle à ses talents de soliste.

En 2010 Il rencontre le pianiste New yorkais Michael WOLFF. Le trio complété par le batteur de la Nouvelle Orleans Jeff BOUDREAU vient d’enregistrer un live au Sunside (sortie 2013).

Depuis 2011 il collabore avec le pianiste japonais Makoto KURYIA. Il cotoîe les plus grands: James CARTER, Dave DOUGLAS, Chico FREEMAN, Richard GALLIANO, Steve GROSSMAN, Eddie HENDERSON, Joachim KHÜN, Didier LOCKWOOD, Hermeto PASCOAL, Danilo PEREZ, Billy PIERCE, Arturo SANDOVAL, Archie SHEPP, Toots THIELEMANS, Erik TRUFFAZ, Mal WALDRON, Sam WOODYARD, et tant d’autres …

Philippe YVON : Sol.

20 Avril 2013 , Rédigé par Oncle Paul

Elle s’appelle Sol. Ce n’est pas son vrai nom de baptême, mais comme c’est le premier mot qu’elle a prononcé, avant même Papa ou Maman, son père a décidé que dorénavant ce serait Sol. C’est resté. Sa mère est morte en couches, son père l’a élevée jusqu’à l’âge de dix ans. Ensuite c’est une tante pochtronne qui a pris la relève. Non pas que son père en ait eu marre, mais un imbécile a trouvé de bon goût de lui planter un surin et de l’occire. Le père de Sol jouait comme contrebassiste dans un club de jazz et Sol a tout vu. Même le meurtrier. De dos, ce qui n’est pas facile pour reconnaître un visage. Juste un tatouage dans le cou, un caducée.

Philippe YVON : Sol.Philippe YVON : Sol.

Sol a appris en autodidacte, en Solitaire, les bases de la musique de jazz, le jazz en sol, et même en sous-sol. Depuis elle maitrise son instrument, comme une véritable artiste. Le jazz dans l’âme et dans les doigts.

Comme elle envie d’intégrer un quartet afin de s’immiscer dans les caves des clubs de jazz, elle agresse un malheureux musicien puis se présente comme la contrebassiste salvatrice auprès d’Armand et de ses deux fils, Greg et Ellio. Au début ils ne sont guère enchantés de changer de partenaire, mais dans le club de jazz où ils se produisent, le quartet fait sensation. Surtout Sol qui élève la note. Tout le monde est subjugué, des musicos aux clients en passant par le patron.

Greg est beau gosse, et l’une des clientes l’a remarqué. Elle lui fait de l’œil, et direct la chambre de la belle dont le mari est absent. Le problème est la croix portée autour du cou par la jeune femme. Ce n’est point tant que Greg est athée, agnostique ou autre, mais cette croix est sertie de diamants. Il fauche le bijou laissant la belle éplorée. Or le mari n’est pas du tout d’accord. Pas d’accord que sa femme aille voir ailleurs ce qu’il peut lui fournir, et surtout qu’elle se soit laissée faucher la croix qui vaut son pesant de billets. D’ailleurs Greg a bien l’intention d’effectuer un échange. Le mari, qui est un mafieux, ne sans laisse pas compter, ni conter d’ailleurs. Alors il démontre à Greg qu’une lame peut faire mal, très mal.

Sol prend les choses en main, alerte un ami chirurgien qui va soigner le blessé et tant qu’à faire le venger. Hasard providentiel, lorsqu’elle investit l’appartement du cocu outragé et vindicatif, elle aperçoit une photo sur laquelle quatre hommes sont représentés, dont l’homme au caducée qu’elle recherche depuis des années.

Dans une ambiance très jazzy, ce roman ancré dans le SoPi (South Pigalle) est comme une plainte jouée par Chet Baker, morceau accompagné ou repris par Miles Davis, Charlie Parker, John Coltrane et Charlie Mingus. Si Witch Doctor en est le leitmotiv principal, ainsi que Summertime, pour moi il plane des images liées à Ascenseur pour l’échafaud ou As en sueur pour l’échafaud, comme vous voulez. Des périodes douces, suaves presque, suivie de frénésies, de heurts, de rages, de castagnes, enrobées de mélancolie, d’esprit de vengeance, de nostalgie.

Sol est une jeune femme au caractère bien trempé, qui maitrise les arts martiaux, ses adversaires l’apprennent à leurs dépens. Et dire que certains affirment que la musique adoucit les mœurs. Sa vie n’est vécue que pour retrouver le meurtrier de son père, quoi qu’il arrive. Parfois elle est obligée d’improviser. D’autant que les surprises ne manquent pas. Ce qui n’est pas pour déplaire au lecteur qui se laisse entraîner avec plaisir dans ce tourbillon. Seul petit bémol, l’épilogue qui semble improvisé.

  

Sites et Bons Coins

19 Avril 2013 , Rédigé par Oncle Paul

SEBASTIEN TEXIER TOXIC PARASITES

17 Avril 2013 , Rédigé par Oncle Paul Publié dans #Z'infos MystèreJazz

 

 

SORTIE LE 17 AVRIL 2013

LABEL CRISTAL RECORDS

DISTRIBUTEUR HARMONIA MUNDI

RÉF : CR 210 PRESENTATION

De belles mélodies jouées par des improvisateurs hors pair, telle est la recette de Toxic Parasites….

Sébastien Texier est un musicien discret qui se construit une solide carrière loin des strass et des paillettes ; qui ne le connait pas bien peut être surpris qu’il soit membre de 6 autres formations en plus de son quintet et de son trio (Christophe Marguet 4tet & 5tet, Edouard Bineau 5tet, Henri Texier 4tet,…) et de sa participation à plus de 30 albums, essentiellement avec ces mêmes formations.

La grande maturité dans son jeu et dans son écriture qui peuvent caractériser ce nouvel album intitulé « Toxic Parasites » ne sont donc pas fortuites….

Toxic Parasites c’est aussi le nom du quintet de Sébastien Texier, un quintet de leaders, de personnalités bien marquées pour qui il a composé des morceaux où il a fallu leur aménager de la place…. Des morceaux où pour la première fois a été intégré le piano, instrument harmonique, magnifié par la légèreté du jeu de Bruno Angélini, des morceaux où l’apport de chacun a permis au final un album plus mélodique qu’à son habitude…Certains parasites ont parfois du bon…

 

SEBASTIEN TEXIER TOXIC PARASITES

TRACKLISTING & MUSICIENS

1. Amie Nostalgie 5’36

2. Song For Paul Motian 5’12

3. Toxic Parasites 4’18

4. Mumble Blues 6’51

5. Le Courage ne fait pas tout 3’58

6. L’Insouciance 5’49

7. Are You Sure 7’14

8. Le Jour d’après 5’45 (dédié aux victimes de Fukushima)

Compositions de Sébastien Texier

 

MUSICIENS :

SÉBASTIEN TEXIER : Saxophone alto , clarinette, clarinette alto ALAIN VANKENHOVE : Trompette, bugle

BRUNO ANGELINI : Piano

FRÉDÉRIC CHIFFOLEAU : Contrebasse

GUILLAUME DOMMARTIN : Batterie

Denise KING & Olivier HUTMAN Trio

4 Mars 2013 , Rédigé par Oncle Paul Publié dans #Z'infos MystèreJazz

Denise-King.jpg


SORTIE LE 26 MARS 2013 de GIVE ME THE HIGH SING

Label Cristal Records (Distributeur Harmonia Mundi)

 

Une grande voix soul blues

Des musiciens exceptionnels

Des compositions haut de gamme

 

Après un premier album « No Tricks », sorti en 2011, salué par la critique et par le public avec une tournée de plus de 70 dates, c’est tout naturellement que Denise King et Olivier Hutman ont eu envie de retourner ensemble en studio durant l’été 2012.

 

Leur nouvel opus, “Give Me The High Sign” comporte davantage de compositions originales – composées par Olivier Hutman dont les paroles sont signées par Denise King et Viana Wember-Hutman – et quelques reprises de standards de jazz ou de soul music.

 

Denise King : chant. Denise King, chanteuse ancrée dans une esthétique afro-américaine (collaborations avec Billy Paul, Teddy Pendergrass, Lou Rawls) séduit d’emblée, sans réserve, pour son sens inné du groove, sa voix chaleureuse et intense.

 

Olivier Hutman : piano, claviers & arrangements. Le background musical d’Olivier Hutman - plusieurs collaborations discographiques comme compositeur ou arrangeur avec de grandes chanteuses françaises (Anne Ducros, Elisabeth Caumont, Stephy Haik, Clotilde Rullaud), de nombreux concerts avec les plus éminents représentants du chant américain (Jon Hendricks, Mark Murphy, Sheila Jordan, Dee Dee Bridgewater) - est le reflet d’une prédilection pour le compagnonnage entre la voix et le piano. Leur compréhension commune du blues, de la soul et d’un vocabulaire étendu du jazz, permet à Denise King & Olivier Hutman de proposer des compositions à la fois modernes, et respectueuses de la tradition. Les techniques d’écriture et de production de cet enregistrement sont effectivement celles d’un album de musique jazz. La voix est accompagnée par le classique trio piano/basse/batterie, avec l’élégante paire rythmique Darryl Hall et Steve Williams, et le tout est enrichi de parties de cuivres : trompette/sax, aves les prestigieux soufflants Olivier Témime et Stéphane Belmondo. Les multiples expériences musicales et personnelles de Denise King et Olivier Hutman, leur culture à la fois européenne et américaine, leurs nombreux concerts sur les scènes du monde entier, ou encore la pratique de la musique de film amènent une autre dimension au projet. Les mélodies offrent une fraîcheur et une spontanéité immédiates qui les rendent accessibles à un large auditoire. Car, ce que tout un chacun peut et aime ressentir, ce sont le swing et l’émotion dont regorge à foison « Give Me The High Sign ».

 

Darryl Hall : contrebasse.

Steve Williams : batterie.

Olivier Temime : saxophone tenor.

Stéphane Belmondo : trompette, bugle.

 

 

Dates des concerts :

 

MARS 2013

 

1er mars Royal Garden Jazz Club (www.royalgarden.at), Graz (Autriche)

2 mars Jazzland (www.jazzland.at), Vienne (Autriche)

7mars Arcachon (33)

13 mars Cercle Suédois, Paris (75)

22 mars River Café, Issy-les-Moulineaux (92)

29 mars Jazz à Chevilly-la-Rue (94)

30 mars Parvis, Chartres (28)

31 mars au Pirate (www.lepirate-rosenheim.de), Rosenheim (Allemagne)

 

AVRIL 2013

 

1er avril Cafe Museum (www.cafe-museum.de), Passau (Allemagne)

2 avril Jazzclub Unterfahrt (www.unterfahrt.de), Munich (Allemagne),

3 avril JazzGAP (www.jazzgap.de), Garmisch (Allemagne)

4 avril Jazzkeller (www.jazzkeller.de), Francfort (Allemagne)

5 avril Jazzclub BIX (www.bix-stuttgart.de), Stuttgart (Allemagne)

6 avril Caveau du Sommelier (www.caveau-olten.ch), Olten (Suisse)

7 avril Jazz Festival d’Avoriaz (74)

12 avril Festival de Courchevel (73)

13 avril Canet en Rousillon (66)

17 avril Concert de sortie au Sunside, Paris (75)

18 avril Concert de sortie au Sunside, Paris (75)

19 avril Château d'Olonnes (85)

 

MAI 2013

 

25 mai Bourg Madame (66)

 

JUIN 2013

 

12 juin L'Inoui, Luxembourg

13 juin L'Inoui, Luxembourg

14 juin Music Village, Bruxelles (Belgique)

15 juin Music Village, Bruxelles (Belgique)

 

AOÛT 2013

 

7 août Festival de l’Abbaye de Fontdouce (17)

9 &10 août Festival de Marciac - off (32)

 

 


 

Marc VILLARD : I remember Clifford.

29 Mars 2012 , Rédigé par Oncle Paul Publié dans #Nouvelles

 

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benny golson

 

Marc VILLARD : I remember Clifford. Editions Folies d’encre. 120 pages. 14€.

Il parait que la musique adoucit les mœurs. Il paraît ! Encore un aphorisme qui ne traduit pas toujours la réalité – rappelons-nous les combattants qui montaient à l’assaut au son de la musique militaire – et en lisant, ou relisant, les huit nouvelles qui composent ce recueil, on pourrait en douter.

Le jazz, musique de liberté (de libération même puisque les armées américaines composées de treize pour cent de Noirs arrivent en Europe au cours de l’année 1917 et le vieux continent découvre alors le blues et le jazz), de révolte, de joie de vivre, de mutation perpétuelle, d’improvisation, a longtemps été considéré comme une musique chaotique, sans code défini (contrairement à la musique dite classique à laquelle les interprètes doivent se conformer à la rigueur de la partition). Du moins c’est ce que j’entendais dans ma jeunesse. Musique chaotique ? Ce sont plutôt les musiciens qui souvent ont eu une vie désordonnée, dissolue, insouciante et cela se traduisait dans leur vie professionnelle et privée par des périodes de succès suivies de déchéances morales et physiques. Les exemples sont nombreux et nous aurons peut-être l’occasion d’y revenir.

webster.jpgDans La Grenouille, Marc Villard met en scène Ben Webster alors que le célèbre saxophoniste ténor, dont le chef est toujours couvert d’un bitos rond, traîne son ennui dans Amsterdam. Il doit enregistrer quelques jours plus tard à Stockholm avec Teddy Wilson et en attendant l’arrivée du pianiste, il filme de sa chambre d’hôtel les soubresauts de la rue. Il place la caméra sur un trépied puis il sort, déambulant au gré de sa fantaisie. Lorsqu’il rentre il n’a plus qu’à récupérer la pellicule, la faire développer puis la visionner sur un drap blanc tendu sur le mur. C’est ainsi qu’un soir il assiste par images interposées à un meurtre.

Quittons les canaux d’Amsterdam pour rejoindre la baie de Naples, en septembre 1960, et faire la connaissance d’un auteur qui connait un succès mérité depuis deux ans à la Série Noire avec La Reine des pommes : Chester Himes. Il est à l’hôtel avec sa copine Lesley et un soir ils se rendent dans une boite de jazz, le Blue Note, nom pas vraiment original mais qui propose de la bonne musique. Succédant à un trio un quatuor s’installe et lorsque le saxophoniste commence à jouer sous les projecteurs, Himes et sa compagne restent bouche bée. Non pas tant à cause de la virtuosité du musicien mais parce qu’il est la réplique parfaite d’un personnage du romancier : Ed Cercueil. La suite est déclinée dans Le Roi des poireaux.

Remontons sur Paris, dans le XVIIIème arrondissement, et suivons à la trace Bud, comme Bud Spencer ou Bud Powell, dans Une petite nuit. Il boit trop mais cela ne l’empêche pas de se rendre le soir au Club Pannonica. Il aime écouter Mario Salomon, un Martiniquais qui joue ses compositions et celles de Sonny Rollins, et son quartet composé de Suédois et Luxembourgeois. Mais il y a des soirs où tout va mal, comme lorsque les policiers s’invitent, non pour écouter du jazz mais à recherche de stupéfiants. Sûr que quelqu’un les a dénoncés.

Avec Piano forte, redescendons vers le Sud, à Barcelone et attachons-nous à regarder José Felix, photographe amateur de jazz, en train d’immortaliser sur pellicule le pianiste Luis Mendoza et ses complices de scène. Alors qu’il visionne ensuite ses clichés en train de sécher afin de déterminer ceux qui seront susceptibles d’être agrandis, Marcia, sa compagne, pense reconnaitre sur l’un d’eux Le Général. Le Général qui traîne derrière lui une réputation sulfureuse. Oui, mais normalement le général est décédé cinq ans auparavant.

Continuons notre balade qui, dans Diamants sous macchabées, tierra.jpgnous emmène du Congo à Paris, en compagnie d’Antoine Sako. Il doit transporter dans son estomac quelques petits berlingots de plastique contenant des diamants. Mais Sako n’est pas un trafiquant ordinaire, il rumine sa vengeance.

Traversons maintenant l’Atlantique pour nous rendre à New-York. Roy Evans joue de la trompette au Five Spot, mais ceux qui le cherchent ne sont pas des musiciens. Ils réclament l’argent qu’il doit à Monsieur Hampton. Une dette de dealer qu’il n’arrive pas à rembourser. La baronne Nica, mise au courant par son ami Monk, règle ce qu’il doit, mais que voulez-vous Ça change tout le temps !

D’un saut de puce transportons-nous jusqu’à San Diego, aux portes de la frontière mexicaine, non loin de Tijuana. Javier, trompettiste, est gentiment prié de gagner la frontière et pour cela il bénéficie d’un billet gratuit pour le no man’s land. Un voyage effectué dans un car de police en compagnie d’autres expulsés sans papiers. Javier n’aura de cesse de retourner aux Etats-Unis, quitte à passer par le désert de l’Arizona, la Tierra de Nadie.

Terminons notre voyage à Naples, sur les brisées d’un chanteur de jazz. Renato Adami possède une belle voix veloutée, un peu à la Dean Martin, et il est content de son sort. Jusqu’au jour où un homme le contacte. Son patron aimerait embaucher Renato pour que celui-ci chante à la communion de sa fille. Des chansons d’honneurs, en italien. Mais Renato ne chante qu’en américain, et il se refuse à interpréter des airs camorristes devant des gros bonnets de la Mafia. Que voulez-vous, il est comme ça Le Chanteur de jazz, sans concession. Quoi que…

Voilà, notre balade dans le monde du jazz est terminée et Marc Villard s’est montré, comme à son habitude, undean-martin.jpg guide très au courant des accidents de parcours, très convaincant, n’ayant pas besoin d’avoir recours à des dépliants touristiques, avec des frissons dans la plume qu’il transmet sans emphase aux lecteurs. Ses nouvelles sont nettes, concises, percutantes, sans fioritures, simples, directes, réservant toutefois quelques bonnes surprises, c omme le faisaient les airs de jazz au temps des vinyles.

Ces nouvelles ont connu une prépublication dans le magazine Jazzman, avant sa fusion avec Jazz Magazine, de 2007 à 2009. Par exemple Une petite nuit figurait dans le numéro 139 d’octobre 2007 ; Piano Forte dans le numéro 140 ; Diamant sous Macchabées, qui à l’origine s’intitulait Diamant sur macchabée, dans le numéro 141 de décembre ; Ça change tout le temps dans le 142 de janvier 2008 ; Le chanteur de Jazz dans le 143 de février 2008… D’autres nouvelles parurent ainsi jusqu’en 2009 avec des dessins de François Avril et je suppose, du moins j’espère que Folies d’encre nous les proposera accompagnées des dessins originaux.

Arthur DAPIEVE : Black Music

27 Janvier 2012 , Rédigé par Oncle Paul Publié dans #Romans

  

A Rio, l’ancienne capitale emblématique du Brésil, l’image pour les touristes est celle du carnaval, accessoirement les jolies filles qui ne se contentent pas d’étaler leurs charmes lors des danses accompagnées par les musiciens de samba lors des défilés. Elles les tarifient aussi, sans que la morale chrétienne réprouve avec force leurs débordements charnels. D’autant que certaines éprouvent un réel plaisir lors de leurs relations, c’est Jo qui le dit. Et si elle le dit, c’est que c’est vrai parce qu’elle a perdu son pucelage à onze ans. Sa sœur Flo, à treize ans, elle a été enceinte et connu beaucoup d’expériences, parfois en groupe et avec des filles. Mais c’est sa sœur, elle est partie vivre en Suisse, depuis qu’un de ses clients s’est amouraché d’elle et qu’elle l’a suivi. Jo a seize ans, mais elle ne veut pas tromper son homme, Musclor c’est son nom, un peu plus vieux qu’elle et surtout chef de bande dans une favela qui s’échelonne le long des morros, les collines au-dessus de Rio. Musclor, c’est un Blanc qui commande à des Noirs, des ados qui lui obéissent black-music.jpgcomme s’ils étaient son esclave, ne se rebiffant pas lorsqu’il les appelle Négros.
Musclor, c’est quelqu’un, qui a des idées et n’hésite pas à les mettre en pratique. Par exemple, pour se faire de l’argent, il a enlevé en pleine rue, en formant un barrage avec une voiture obligeant le car à s’arrêter, le fils d’un ponte américain de chez Exxon. Michaël Philips, ou Maïcom Filipi comme l’appellent ses ravisseurs, est un jeune de treize ans, mais il ne les parait pas. Un mètre quatre-vingt douze, cela impose. Mais Musclor n’en a cure, lui il ne pense qu’aux deux cent mille qu’il va demander au père pour libérer son otage. Deux cent mille quoi, au fait ? Deux cent mille réais ou deux cent mille dollars ? Allons-y pour des dollars, mais attention, Maïcom va contacter son père par téléphone, et pas question de parler américain. Il doit s’exprimer en portugais afin que tout le monde comprenne. Aussi bien Musclor que les autres gamins de sa bande qui portent en permanence des masques de Ben Laden. Mais Maïcom voit bien qu’ils sont Noirs, comme lui. Jo aussi est noire, pas très belle physiquement, franchement moche on pourrait dire si on ne voulait pas la vexer. Mais elle est fière de ses fesses. Des grosses fesses accueillantes.
Maïcom, son rêve c’est de devenir basketteur, il en a la taille. Mais il aime aussi le jazz, une influence paternelle. Et il connait bien les armes à feu dont ses ravisseurs sont pourvus, grâce aux magazines spécialisés qu’il lit. Il peut les détailler, leur donner un nom, reconnaître le bruit d’une fusillade. D’ailleurs, tiens, alors qu’il est seul sur sa chaise il entend bien des pa pa pa, des poum poum poum. Ce n’est rien, qu’un échange de coups de feu entre bandes rivales, celles de Musclor et une autre de la favela, avec des morts, ça marque plus les esprits. Maïcom va même jusqu’à demander une trompette, et avec Musclor il échange des propos sur la musique. Ils ne sont pas d’accord. Qui de Ary Barroso ou de Duke Ellington a pillé l’autre. Quelle est le morceau original, Aquarela ou Caravan ? De toute façon, Musclor, son truc c’est le rap. Et puis Maïcom n’est qu’un gamin, il le déclare à chaque occasion.
Court roman, mais texte dense, en trois paries, à trois voix.
D’abord c’est Maïcom qui parle, racontant ses tribulations, son enlèvement, sa vie de prisonnier, ses angoisses, ses petits problèmes de miction. Obligé de changer de vêtements devant tout le monde, devant Jo aussi, qui n’attend que ça, le voir nu.
Puis Musclor prend le relais, à sa façon, en rappant, comme ses idoles, troquant son alias de Musclor pour celui de MC JB, car il n’est pas Eminem ni Beastie Boy. il revient sur son parcours de jeune drogué, ses espérances qui se limitent à la favela, plus loin il voudrait bien, mais peut-il, a-t-il un avenir ?
Jo s’empare de la troisième partie, et elle aussi revient son passé de gamine prête à s’enflammer, enfin c’est surtout son corps qui est prêt à s’enflammer, pour satisfaire ses désirs charnels de plus en plus prégnants. Mais elle aussi sait que son avenir est quelque peu brouillé. Trois parties dans lesquelles chacun s’exprime à tour de rôle et le lecteur sent que peu à peu les relations entre ces trois protagonistes, les autres ne comptent pas, muent, mutent, se modifient, se transforment.
Et comme tous les jeunes de leur condition, échecs scolaires, entrés trop tôt dans la vie, livrés à eux-mêmes, obligés de se forger un destin, leurs propos sont crus, comme pour mieux exprimer leur désespoir dans l’adversité, comme si s’exprimer par des grossièretés pouvait leur donner une aura supplémentaire, une affirmation de leur existence. Construit en huis-clos, ce roman offre pourtant une porte vers l’extérieur, mais ce qu’on y entrevoit n’est guère réjouissant. Comme lorsque Jo évoque la mort de son frère Anizio, décès provoqué par une balle perdue, pas pour lui qui l’a ramassée en pleine tête, alors que des policiers tiraient sur un dealer afin de l’intimider. Une bavure vite transformée par les journaux le lendemain, probablement bien renseignés par des responsables de l’ordre public, affirmant qu’Anizio avait provoqué les flics. Ben voyons. Mais cela se passe au Brésil, en France ce ne serait que pure fiction.
Chacun de ces protagonistes porte en eux un idéal, mais celui-ci est peut-être tué dans l’œuf, dans ce roman dont la fin est ouverte.
Arthur DAPIEVE : Black Music (Black Music – 2008. Traduction du portugais par Philippe Poncet). Editions Asphalte.

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