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Esi EDUGYAN : 3 minutes 33 secondes.
Une galette parisienne !
Dans Paris que la soldatesque allemande commence à envahir, trois musiciens de jazz, plus un, gravent sur des galettes de récupération des morceaux instrumentaux, mais à chaque fois les disques partent à la poubelle. Hiero est mécontent du son de la prestation de l’ensemble. Pourtant ce sont des instrumentistes aguerris, mais cela ne fonctionne pas, ou mal. Le matériel peut-être, les conditions d’enregistrement dans un local qui ressemble plus à un placard qu’à un véritable studio, à la prestation de l’un d’entre eux. A moins que ce soit dû au caractère perfectionniste de Hiero, surnommé le môme, à sa mauvaise humeur peut-être, ou à la maladie. Bref, Hiero n’est pas content et jette systématiquement les galettes. Sid subtilise subrepticement la dernière et la glisse dans l’étui de sa grand-mère, sa contrebasse. Puis tout le monde se rend à l’appartement de Dalilah, la copine de Louis Armstrong qui leur a prêté des matelats. Tous sauf, le musicien supplémentaire, Bill Coleman qui rentre chez lui.
A cette séance participaient outre Bill Coleman, à la trompette, Hieronymus Falk dit Hiero, lui aussi à la trompette, Charles C. Jones, qui préfère qu’on l’appelle Chip, à la batterie et Sidney Griffiths dit Sid à la contrebasse. Il ne faut pas parler de chant du cygne mais chacun y pense.
Cinquante deux ans plus tard, en 1992 à Baltimore, Sid est un vieux musicien de quatre-vingt-deux ans, qui vit dans son appartement parmi les déchets d’une vie. Chip passe le voir. Lui aussi est délabré, la vieillesse, la drogue aussi dont il a fait un usage immodéré pendant un certain temps. Si Sid a décroché de la musique de jazz, de la musique tout court d’ailleurs, ayant travaillé pendant une trentaine d’années comme secrétaire médical, Chip lui a continué à flageller ses peaux et à les brosser, à taper dessus, étant encore un batteur renommé et demandé. Chip lui propose de partir à Berlin, visionner un film sur leur ancien groupe, les Hot Time Swingers, puis il révèle que Hiero ne serait pas mort comme ils l’avaient supposé mais vivrait en Pologne.
A Berlin, la projection du film met mal à l’aise Sid. Comme à son habitude, Chip a raconté n’importe quoi et tous les spectateurs regardent Sid honteux décamper de la salle. Plus tard Chip, sans vraiment faire amende honorable, déclare qu’en réalité il a été piégé par le réalisateur, qu’il a été manipulé. Sid veut bien l’admettre une fois de plus, car entre Chip et lui, depuis qu’ils se connaissent, à l’âge de douze ans près d’un bac à sable, ils ont toujours été comme chien et chat. Lui Sid, le bon gros toutou désirant être ami avec le chat, lequel chat a toujours sorti ses griffes, sauf dans les quelques moments où il ronronnait.
Le flux de souvenirs lui remontent à la tête comme un alcool, dont ils abusaient à cette époque, remonte dans l’œsophage, se niche au fond de la gorge, brûlant tout sur son passage. Dans les années soixante, par un improbable concours de circonstances, la galette a été retrouvée cachée dans un coffre niché dans un mur et que des ouvriers ont mis au jour en démolissant des cloisons. Mais surtout l’année 1939, alors qu’ils jouaient à Berlin, Chip, Hiero, Sid et trois autres musiciens, Paul un Juif blond au piano, Ernst à la clarinette et Fritz au saxo, au club Le Molosse. L’arrivée de Dalilah Brown, la chanteuse de Louis Armstrong, le jeu de la séduction qu’elle a entamé avec Hiero et Sid, Chip n’étant qu’un spectateur caustique. L’algarade avec des gestapistes, à cause de leur couleur de peau. Car si Hiero est Allemand, il est aussi Noir, fils d’une Allemande et d’un Camerounais. Un Sang-mêlé tout comme Chip et Sid. La bagarre et le mort du côté SS, l’obligation de se terrer dans les caves du Molosse, l’arrestation de Paul et son enfermement à Sachsenhausen, la défection de Fritz, puis la recherche de papiers, la fuite vers le château du père de Ernst qui doit leur fournir des visas, le trajet vers Paris où ils doivent graver un disque en compagnie de Louis Armstrong, les nombreux déboires qu’ils subissent, l’arrivée des troupes allemandes et la panique qui s’ensuit.
Le narrateur, Sid, raconte son histoire comme un tromboniste joue de son instrument. Il coulisse son histoire d’avant en arrière, par de longs glissements en franchissant allègrement les années ou par petites glissades dans le temps, tirant de son trombone des accents pathétiques, enlevés, des fulgurances, des glissandos. Parmi les musiciens qui gravitent, Louis Armstrong, bien évidemment, en chair et en os, avec son éternel mouchoir essuyant la sueur coulant de son front, mais aussi la figure tutélaire de King Oliver, le père des trompettistes et des cornettistes. Pourtant il manque un autre musicien qui ne deviendra célèbre qu’un peu plus tard, mais dont le jeu musical ressemble à celui de Hiero, ou inversement. Son style était mélancolique, lent, il maintenait les notes plus longtemps que de raison. La musique aurait dû retentir comme une sirène de navire qui sonne au large – dure, brillante, claire. Le môme, putain, il la rendait trouble, en faisant passer les notes pas seulement par-dessus les mers, mais aussi à travers la terre.
Si le jazz est présent, prégnant, comme une composition écoutée en sourdine tout en vaquant à autre chose, l’auteur s’attache à décrire non seulement ses personnages, leurs réactions, leur investissement, leurs différents, il décrit cette période trouble du Berlin de l’année 1939 puis du Paris 1940, les bouleversements vécus de l’intérieur par des musiciens de jazz, musique honnie par Goebbels, le racisme qui se propage dans toute l’Allemagne. A Hambourg, lorsque Sid découvre avec stupéfaction que le parc zoologique dédié théoriquement aux animaux a été transformé en parc zoologique humain. Mais également à Paris, déclarée Ville ouverte, lorsque les habitants de la capitale commencent à paniquer, à vouloir rejoindre Bordeaux via la Gare d’Austerlitz, la panique, les cris d’orfraies venant de toute part, les insultes qui pleuvent sur Sid et ses compagnons (ils se font traiter de Sénégalais comme si c’était l’injure suprême engendrant en même temps une peur inconsidérée).
Esi Edugyan écrit comme certains romanciers Noirs américains, empruntant leurs tics, alternant les images poétiques à la réalité la plus dure, oubliant sciemment une partie de la négation, comme nous le faisons la plupart du temps dans nos dialogues oraux. Un roman âpre, éloge de la musique, de l’amitié, mais également la description sans complaisance d’une époque que l’on aimerait savoir révolue.
CHRISTOPHE LABORDE : WINGS OF WAVES
Christophe Laborde a constitué son nouveau groupe en 2011, le Christophe Laborde Quartet avec lequel il a enregistré cet album. Ce quartet se compose de Christophe LABORDE au saxophone soprano, Giovanni MIRABASSI au piano, Mauro GARGANO à la contrebasse, et Louis MOUTIN à batterie.
La musique proposée par cette formation est à la fois puissante et tendre, généreuse et intime. Alliant des mélodies évocatrices, des rythmiques efficaces, elle s’articule exclusivement autour des compositions de Christophe. Mais elle se nourrit - dans l’interprétation comme dans les improvisations - des fortes personnalités de ces quatre musiciens et de l’évidente envie d’échange qui les caractérise.
Pour ce projet qui lui tient particulièrement à cœur, Christophe n’a pas choisi ses trois partenaires au hasard. Musiciens talentueux et reconnus sur la scène nationale et internationale du jazz - tant comme sidemen que comme leaders de leurs propres projets - ils ont une histoire commune faite de rencontres musicales au sein de diverses formations au gré de leurs carrières respectives. Une histoire d’amitié qui, finalement, constitue la pierre de touche de cette musique lorsque, en définitive, elle parle des liens et de la solidarité entre les êtres humains.
http://christophelaborde.believeband.com
Titres et interprètres :
01. WINGS OF WAVES 7:31
02. STAR WATCHERS 6:50
03. SILENCE DANS LE CIEL 6:54
04. COULEURS DE TEMPS – PART 1 6:15
05. MORNING SUN 9:05
06. LOST LIFE 8:59
07. NAGUAL FORCE 6:59
08. COULEURS DE TEMPS – PART 2 3:02
09. ICARUS REBORN 7:58
10. COULEURS DE TEMPS - PART 3 2:30
11. SLOW SKY 7:42
TOTAL : 73:45
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=a00FMv8Cf9Q
Christophe LABORDE Saxophone soprano
Giovanni MIRABASSI Piano
Mauro GARGANO Contrebasse
Louis MOUTIN Batterie
BIOGRAPHIE des intervenants :
Christophe LABORDE
Saxophoniste et compositeur né à Pau en 1964, il commence la musique par le piano à l’âge de 5 ans et se met au saxophone à 13 ans.
Il rencontre Steve Grossman en 1988 avec lequel il travaille plusieurs mois. Il obtient son premier engagement professionnel en 1985 au Sunset aux côtés de Simon Goubert. Il partage son activité professionnelle entre les clubs parisiens, les festivals et l’enseignement dans différents conservatoires (9ème arrondissement, Carrières sur Seine, Malakoff) et écoles de musique (C.I.M., ATLA, Ecole des Arts).
Christophe LABORDE a enregistré les « Cyclades » avec l’orchestre symphonique de Jean-Loup Longnon en 1993, et « Le cinquième » de Stéphane Persiani et Simon Goubert en 1989. Il a également été le co-leader sur l’album « Outland » avec Jean-Paul Celea et Wolfgang Reisinger en 1999 et le sideman d’Anne Ducros sur plusieurs festivals en 2007.
Christophe LABORDE s’est aussi produit aux côtés de René Urtreger, Alain Jean-Marie, Simon Goubert, Eric Lelann, les frères Belmondo, Jean-Michel Pilc, les frères Moutin, Michel Benita, Anne Ducros, Jean-François Jenny-Clark…
Giovanni MIRABASSI :
Pianiste et compositeur italien né à Pérouse en 1970, Giovanni MIRABASSI commence le piano à l’âge de 3 ans et se tourne vers le jazz à 10 ans. Autodidacte, il étudie en écoutant Bud Powell….mais aussi des musiciens comme Charlie Parker…et bien sûr Enrico Pieranunzi qui demeure l'une de ses plus fortes influences.
A 17 ans, il accompagne Chet Baker lors d’un passage à Pérouse pour un concert et deux ans plus tard, il participe à une tournée en Italie aux côtés du saxophoniste Steve Grossmann. En 1992, il s’installe à Paris et fait la connaissance d’Aldo Ciccolini qui lui apprendra le piano pendant 3 ans.
Il monte sa première formation, le trio Panta Rei, en 1994 et rentre dans le circuit des clubs de jazz parisiens. A partir de 1995, il se consacre entièrement à la musique et tourne de plus en plus en sideman dans des groupes de jazz tout en continuant à travailler dans la chanson en tant qu'accompagnateur et compositeur.
Giovanni MIRABASSI est aujourd’hui un pianiste de renommée internationale qui se produit en Europe et dans le monde entier, notamment au Japon. En dix ans, il a réalisé une douzaine de CD et DVD.
En 1996, il remporte le grand prix et le prix du meilleur soliste du concours international de Jazz d’Avignon. Il produit ensuite son premier disque en trio avec Louis MOUTIN et Daniele MENCARELLI. En 1999, son album « Architectures » produit par Philippe GHIELMETTI voit le jour. Deux ans plus tard, en 2001, il sort sont 1er album solo « Aventi » consacré aux chants révolutionnaires. C’est en 2001 qu’il remporte le Django d’Or du meilleur jeune talent et les Victoires du Jazz, puis le prix du meilleur disque de l’académie du Jazz en 2003.
Giovanni MIRABASSI s’est produit aux côtés de Chet Baker, Alain Raman, Xavier Frathely, Pierre-Stéphane Michel, Flavio Boltro, Daniele Mencarelli, Nicolas, Reggiani, Glenn Ferris…
Louis MOUTIN
Né à Paris en 1961, il pratique le piano dès l’âge de 7 ans en autodidacte et se sensibilise très vite au jazz grâce à la discothèque familiale. Il se tourne vers la batterie et en fait son premier instrument à 20 ans.
A 24 ans, à l'issue d'études scientifiques de haut niveau (Ecole Centrale, Maîtrise de Maths), il choisit une carrière de musicien professionnel. A 27 ans, après le succès du Trio Machado dont il est membre, il est reconnu comme l'un des meilleurs batteurs européens de jazz, et se produit dans le circuit des festivals internationaux.
En 1990, il crée son premier groupe avec son frère jumeau François (contrebassiste). Puis en 1998, il fonde le Moutin Reunion Quartet avec Rick Margitza (saxophone) et Pierre de Bethmann (piano) qui comptabilise 5 albums et plus de 300 concerts. Il devient lauréat en 2005 du prix Django Reinhardt avec son frère François. On le retrouve aux côtés de Martial Solal, Michel Portal, Antoine Hervé, Jean-Michel Pilc, Rudresh Mahanpatta, Tigran Hamasyan…
Mauro GARGANO
Né à Bari (Italie) en 1972, il étudie la contrebasse classique et jazz avec Maurizio Quintavalle, Furio di Castri et Christian Gentet (Orchestre des Contrebasses).
En 1998, il s’installe à Paris et fait la connaissance d’Aldo Ciccolini qui lui apprendra le piano pendant 3 ans. En 2003, il crée son groupe « Mo’Avast! » avec Francesco Bearzatti et Stephane Mercier.
Il obtient en 2004 le 1er prix au CNSM de Paris en jazz avec Riccardo Del Fra et complète sa formation en suivant des master classes avec entre autres Lee Konitz, Bojan Z et Archie Shepp. C’est en 2008 qu’il enregistre en trio avec Nicolas Folmer et Michel Legrand pour le projet de Nicolas Folmer « Plays Michel Legrand ». Puis l’album du « Mo’Avast Band » sort en 2011.
MASSALIAZZ : Olivier TEMINE, Michel ZENINO & Jean-Pierre ARNAUD.
Lorsque Olivier TEMINE, Michel ZENINO et Jean-Pierre ARNAUD revisitent la variété d’inspiration provençale, cela sent le thym, la lavande, la sarriette sous le soleil et l'ambiance de la bonne humeur ! A déguster avec ses deux oreilles, les yeux fermés, sans modération !
Massaliazz.
Sortie dans les bacs le 7 mai 2013
LABEL CRISTAL RECORDS
DISTRIBUTEUR : HARMONIA MUNDI
CD REF: 213
16€
Présentation
Félicie Aussi, Adieu Venise Provençale, ……version jazz. Un hommage plein de gaité et de virtuosité fait à la Provence MASSALIAZZ, beau nom pour ce projet rêvé par trois jazzmen marseillais étonnants par leur connaissance du répertoire, bien connu du public provençal : ils nous livrent une musique à nulle autre pareille, constellée de swing, d’humour, de malice et de gaîté : tout ce qui donne à Marseille son inégalable couleur. Michel ZENINO a transfiguré quelques perles de Vincent SCOTTO et de l’époque du mythique Alcazar, mettant en valeur le lyrisme et la magnifique sonorité d’Olivier TEMIME ajoutés au swing phénoménal de Jean-Pierre ARNAUD. Le répertoire de MASSALIAZZ composé par des mélodies populaires de notre patrimoine (Félicie aussi, Adieu Venise provençale, Cane Canebière…) constitue un véritable hommage, rendu à la Provence, avec un parfum de Jazz. « Qu’est-ce qu’une ville ? Qu’est-ce que l’amour d’une ville ? Toutes les villes sont-elles aimées d’amour ? Pas sûr. Et Marseille (Massalia) ? Certain. Aux armes, citoyens ! Jean-Pierre Arnaud (drums), Olivier Temime (sax), Michel Zenino (double bass, arrangements) publient Massaliazz. Manifeste ? Déclaration d'amour? Pure joie de jouer ? Qu’est-ce que le « jazz » en 2012 ? Cette énergie-là. Fureur sacrée sur répertoire provençal. Sincérité, drôlerie, boule de feu, la joie énergumène, le désir dénudé comme un fil électrique. Marseille/Massalia/Massaliazz/Temime/Arnaud/Zenino. Ce n’est qu’un combat, continuons le début ! » Francis MARMANDE - Le Monde
Composition :
01. ADIEU VENISE PROVENÇALE (Vincent Scotto) 3:55
02. PETIT MATIN SUR LE VIEUX-PORT (J.-P Arnaud – O. Temime-M. Zenino) 4:43
03. FÉLICIE AUSSI (Casimir Oberfeld) 4:20
04. CANE CANEBIÈRE (Vincent Scotto) /Jour de Match (M. Zenino) 4:46
05. AUJOURD'HUI PEUT-ÊTRE (Paul Durand) 4:36
06. LA PETITE DE LA BELLE DE MAI (Charles Clerc) 3:40
07. SANS MES TONGS [Without a Song] (Youmans Vincent) 6:00
08. LA BUVETTE, DIX JAUNES… (J.-P Arnaud – O. Temime-M. Zenino) 6:08
09. BOUDIOU ON S' SAOÛLE [body and Soul] (Johnny W Green) 4:52
10. LA MICHELINE DU ROVE [Slowtrane] (John Coltrane) 5:10
11. LA MOUNINE À DEUX [Sonny Moon for Two] (Sonny Rollins) 5:25
12. J .P. MES THUNES ! [Bernie's Tune] (Bernard Miller) 2:44
Artistes :
Michel ZENINO Contrebasse & arrangements
Jean-Pierre ARNAUD Batterie
Olivier TEMIME Saxophone
BIOGRAPHIE & DISCOGRAPHIE des intervenants.
Olivier TEMIME : Saxophoniste (ténor et soprano), et compositeur.
Originaire d'Aix-en-Provence, à quatorze ans, il étudie la musique avec un professeur particulier, puis avec Philippe RENAULT au conservatoire de Marseille où il obtient la médaille d'or de la classe de jazz. Lauréat du concours Jazz Futur 90 parrainé par Dee Dee BRIDGEWATER et prix de soliste au tremplin de la Défense 97, il s'impose au gré des festivals (Marciac, Calvi, Antibes, Montreux...), jam sessions et rencontres (Johnny GRIFFIN, Wynton MARSALIS, Jon et Michèle HENDRICKS, Steve GROSSMAN, Daniel HUMAIR, Emmanuel BEX, Laurent de Wilde, les BELMONDO, Jean Loup LONGNON, Eric LE LANN, etc...), comme un des plus vifs improvisateurs de la scène européenne.
Le plus souvent au ténor, il se produit dans les années 2000 entouré de ses « Volunteered Slaves » (clin d'oeil à Roland KIRK) à dimension et personnels variables, sans pour autant renoncer à ses appétits boeufeurs. S'il ne renie pas le legs coltranien, il s'impose au ténor comme un héritier des souffleurs du hard bop, qu'il prolonge et actualise avec une verve toujours cantabile de hérissements, déchirements et paroxysmes qui doivent autant au Free qu'aux saxes du rythm and blues. Philippe CARLES - Le Nouveau Dictionnaire du Jazz
Discographie sélective :
2013 Massaliazz
2010 The Intruder
2009 Breakfast in Babylon
2009 Streetwise
2008 Saï Saï Saï
Jean-Pierre Arnaud : Né le 26 septembre 1961, il suit des études au conservatoire de Marseille entre 1977 et 1980, en classe de percussion classique.
Batteur autodidacte, il fait ses classes dans le club de jazz de son père au contact des plus grands comme Kenny CLARKE, Max ROACH, Art BLAKEY, …. A l’âge de 15 ans il joue régulièrement en club et il est rapidement amené à se produire aux côtés de nombreux solistes : Eric BARRET , Georges ARVANITAS, Jean-Loup LOGNON, Lou BENNET, Peter KING.
Dès 1980, il se produit sur des scènes nationales et internationales, avec des artistes de renoms tels que : Didier LOCKWOOD, Alain Jean-Marie, André VILLEGER, Barney WILLEN, Christian ESCOUDÉ …
Dans les années 90 il s’installe à Paris et s’impose rapidement comme un des batteurs majeurs de la scène française. Depuis 20 ans, il se produit sur les plus grandes scènes en France et à l’étranger au sein de formations telles que : Johnny GRIFFIN quartet avec Hervé Sellin et Ricardo Del Fra, Michel Legrand trio (avec Marc-Michel Lebevillon contrebasse), Olivier Hutman trio (avec Thomas Bramerie) et Ted Nash, KAZ trio (Siegfried Kessler, Michel Zenino), Dick De Graaf European quartet ( Eric Legnini piano, Thomas Bramerie contrebasse), Quintet des frères BELMONDO avec qui il enregistre « Belmondo Quintet » & « For all friends », Michèle Hendrix quintet, Emmanuel BEX Trio. Il est parmi l’orchestre dirigé par Patrice Caratini. Il participe activement à un grand nombre de projets musicaux : Olivier Temine quintet, Eric Le Lann acoustique quintet, Zénino Témime Arnaud Trio, « Take the Coltrane » , Vincent Strazzieri/Sylvain Romano/Jean-Pierre Arnaud Trio, Virginie Teychené quintet. Il a également joué avec : Tom Harrell, Georges Coleman, Dizzy Gillespie, Lee Konitz, Barney Kessel, Lavelle quartet, Mal Weldrom, Horace Parlan, Dee-Dee Brigdwater, N.H.O.P, Chico Freeman, Joe Newman, Sony Grey, Glenn Ferris, John Hendrix, Art Framer, Lalo Schifrin, Deborah Brown, Less MCcann, Kirck Lightsey, Tal Farlow, Antonio Farao, Franck Wes, Archie Shep.
Discographie :
2012 Bright And Sweet – Virginie Teychené
2011 Francois Chat Ssagnite - François Chassagnite
2010 Tom's First Steps - Vincent Strazzieri Trio
2009 Bright And Sweet -Virginie TeychenéPierre
2006 Douces Pluies - Jazz Hip Trio
2002 Saï Saï Saï - Olivier Temime
1998 La Danse Des Inter-Notes - Sylvain Beuf
1996 Today I Feel In Love - Eric Le Lann,
Chazzeologie - François Chassagnite
1995 Sailing - Dick De Graaf
Kess Kess - François Chassagnite
For All Friends- Belmondo Quintet
Sailing - Ted Nash
Alain Brunet Joue Gainsbourg
1993 Lionel & Stephane Belmondo
Anna livia plurabelle - André Hodeir & Patrice Caratini
1992 Essential Ballads - Barney Wilen
1991 Boussaguet 5Tet Jean-Pierre ARNAUD
Michel ZENINO est né à Marseille au sein d’une famille de musiciens. Contrebassiste autodidacte, il obtient une médaille d’or de la classe de jazz du CNR de Marseille et poursuit des études de composition et arrangement au Berklee College of Music de Boston USA.
Installé à Paris, il s’impose rapidement comme un contrebassiste de tout premier plan et parcours le monde (USA, Am-Sud, Asie Centrale, Afrique..) et enregistre avec des formations telles que :
le quartet de Barney WILEN de 91 à 93, Welcome de Christian VANDER et Simon GOUBERT de 94 à 97, Manuel ROCHEMAN trio de 99 à 2004, François JEANNEAU pendant un an en 2000. Il collabore depuis 99 avec Simon GOUBERT, avec lequel il enregistre plusieurs albums.
Vainqueur, avec son sextet des concours d’orchestres et prix de composition de Sorgues 87 et la Défense 88 il enregistre son premier album « In the meantime » la révelation de l’année. Directeur musical de l’ORJ PACA, il arrange notamment pour Toots THIELEMANS de 94 à 97. Son projet sur les chansons Françaises , « Dérive Gauche » avec Alain JEAN-MARIE, André VILLEGER et Stephane FOUCHER de 98 à 2004 fût loué par la critique.
Depuis 2004 une grande complicité musicale se noue avec le guitariste Irlandais Tommy HALFERTY. Ensemble ils multiplient concerts et rencontres (Norma WINSTONE, Keith COPELAND…) et forment Ogham. «Dalkey Song» sur lequel Ogham invite Mario CANONGE, prend pour sujet la musique traditionnelle Irlandaise.
L’époustouflant duo qu’il forme depuis 2007 avec le pianiste Mario CANONGE fait la part belle à ses talents de soliste.
En 2010 Il rencontre le pianiste New yorkais Michael WOLFF. Le trio complété par le batteur de la Nouvelle Orleans Jeff BOUDREAU vient d’enregistrer un live au Sunside (sortie 2013).
Depuis 2011 il collabore avec le pianiste japonais Makoto KURYIA. Il cotoîe les plus grands: James CARTER, Dave DOUGLAS, Chico FREEMAN, Richard GALLIANO, Steve GROSSMAN, Eddie HENDERSON, Joachim KHÜN, Didier LOCKWOOD, Hermeto PASCOAL, Danilo PEREZ, Billy PIERCE, Arturo SANDOVAL, Archie SHEPP, Toots THIELEMANS, Erik TRUFFAZ, Mal WALDRON, Sam WOODYARD, et tant d’autres …
Philippe YVON : Sol.
Elle s’appelle Sol. Ce n’est pas son vrai nom de baptême, mais comme c’est le premier mot qu’elle a prononcé, avant même Papa ou Maman, son père a décidé que dorénavant ce serait Sol. C’est resté. Sa mère est morte en couches, son père l’a élevée jusqu’à l’âge de dix ans. Ensuite c’est une tante pochtronne qui a pris la relève. Non pas que son père en ait eu marre, mais un imbécile a trouvé de bon goût de lui planter un surin et de l’occire. Le père de Sol jouait comme contrebassiste dans un club de jazz et Sol a tout vu. Même le meurtrier. De dos, ce qui n’est pas facile pour reconnaître un visage. Juste un tatouage dans le cou, un caducée.
Sol a appris en autodidacte, en Solitaire, les bases de la musique de jazz, le jazz en sol, et même en sous-sol. Depuis elle maitrise son instrument, comme une véritable artiste. Le jazz dans l’âme et dans les doigts.
Comme elle envie d’intégrer un quartet afin de s’immiscer dans les caves des clubs de jazz, elle agresse un malheureux musicien puis se présente comme la contrebassiste salvatrice auprès d’Armand et de ses deux fils, Greg et Ellio. Au début ils ne sont guère enchantés de changer de partenaire, mais dans le club de jazz où ils se produisent, le quartet fait sensation. Surtout Sol qui élève la note. Tout le monde est subjugué, des musicos aux clients en passant par le patron.
Greg est beau gosse, et l’une des clientes l’a remarqué. Elle lui fait de l’œil, et direct la chambre de la belle dont le mari est absent. Le problème est la croix portée autour du cou par la jeune femme. Ce n’est point tant que Greg est athée, agnostique ou autre, mais cette croix est sertie de diamants. Il fauche le bijou laissant la belle éplorée. Or le mari n’est pas du tout d’accord. Pas d’accord que sa femme aille voir ailleurs ce qu’il peut lui fournir, et surtout qu’elle se soit laissée faucher la croix qui vaut son pesant de billets. D’ailleurs Greg a bien l’intention d’effectuer un échange. Le mari, qui est un mafieux, ne sans laisse pas compter, ni conter d’ailleurs. Alors il démontre à Greg qu’une lame peut faire mal, très mal.
Sol prend les choses en main, alerte un ami chirurgien qui va soigner le blessé et tant qu’à faire le venger. Hasard providentiel, lorsqu’elle investit l’appartement du cocu outragé et vindicatif, elle aperçoit une photo sur laquelle quatre hommes sont représentés, dont l’homme au caducée qu’elle recherche depuis des années.
Dans une ambiance très jazzy, ce roman ancré dans le SoPi (South Pigalle) est comme une plainte jouée par Chet Baker, morceau accompagné ou repris par Miles Davis, Charlie Parker, John Coltrane et Charlie Mingus. Si Witch Doctor en est le leitmotiv principal, ainsi que Summertime, pour moi il plane des images liées à Ascenseur pour l’échafaud ou As en sueur pour l’échafaud, comme vous voulez. Des périodes douces, suaves presque, suivie de frénésies, de heurts, de rages, de castagnes, enrobées de mélancolie, d’esprit de vengeance, de nostalgie.
Sol est une jeune femme au caractère bien trempé, qui maitrise les arts martiaux, ses adversaires l’apprennent à leurs dépens. Et dire que certains affirment que la musique adoucit les mœurs. Sa vie n’est vécue que pour retrouver le meurtrier de son père, quoi qu’il arrive. Parfois elle est obligée d’improviser. D’autant que les surprises ne manquent pas. Ce qui n’est pas pour déplaire au lecteur qui se laisse entraîner avec plaisir dans ce tourbillon. Seul petit bémol, l’épilogue qui semble improvisé.
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